Lieu où s'est peut-être trouvée la prison secrète de la CIA en Pologne, Stare Kiejkuty. © AP Photo/Czarek Sokolowski
Lieu où s'est peut-être trouvée la prison secrète de la CIA en Pologne, Stare Kiejkuty. © AP Photo/Czarek Sokolowski

Pologne / USA CIA : il faut faire la lumière sur la complicité de la Pologne

Juillet 2011
Le secret entourant la complicité présumée de la Pologne dans des «restitutions» et des détentions secrètes de la CIA doit prendre fin. Soutenez l'action en ligne d'Amnesty International.

En 2002, Abd al Rahim Hussayn al Nashiri, ressortissant saoudien, et Abu Zubaydah, Palestinien, ont été arrêtés à Dubaï et au Pakistan respectivement. Les deux hommes ont alors été remis à la CIA, puis maintenus en détention secrète pendant environ quatre ans. Tout au long de cette période ils ont été détenus au secret et à l'isolement, et auraient été soumis à la torture et à d'autres formes de mauvais traitements – simulacres de noyade, coups, nudité forcée, privation de sommeil, maintien dans des positions inconfortables.

Entre 2002 et 2003 les deux détenus étaient incarcérés dans une prison secrète de la CIA en Pologne. Ces prisons ont été mises en place par la CIA à la suite du 11 septembre 2001. En septembre 2006, ils ont été transférés dans la base navale américaine de Guantánamo Bay, où ils se trouvent toujours.

En mars 2008, le parquet général polonais a ouvert une enquête sur l'implication de la Pologne dans le cadre des programmes de «restitutions» et de détentions secrètes dirigés par la CIA. Abd al Nashiri et Abu Zubaydah se sont tous deux vu accorder le statut officiel de «victime» par le parquet, mais l'enquête se déroule en grande partie dans le secret, et ils ne leur a pas été permis d'y prendre part de manière significative.

Une enquête impartiale et efficace

Amnesty International continue à déplorer le maintien en détention de ces deux hommes à Guantánamo Bay, ainsi que le fait que les États-Unis ne garantissent pas de procès équitables aux personnes qui y sont détenues et n'aient toujours pas fait le nécessaire pour que les membres de la CIA ayant commis des violations des droits humains.

Il faut également faire toute la lumière sur le rôle que la Pologne a pu jouer dans le cadre de la «restitution» et de la détention secrète de ces hommes; en fait, tout pays ayant apporté son concours à la CIA dans le cadre de «restitutions», de détentions secrètes, de disparitions forcées, d'actes de torture et d'autres formes de mauvais traitements doit rendre des comptes.

Étant donné que la Pologne assurera la présidence de l'Union européenne à compter du 1er juillet 2011, il est tout indiqué de faire pression sur le gouvernement polonais afin de l'inciter à poursuivre l'enquête en cours et à veiller à ce qu'elle soit effectuée d'une manière approfondie, impartiale, indépendante et efficace.

Passez à l'action

En signant la lettre ci-après, vous signifierez au Premier ministre polonais que le secret entourant la complicité présumée de la Pologne dans les restitutions et détentions secrètes effectuées par la CIA doit prendre fin.