Les Roms vivent trop souvent dans des logements de fortune, isolés et sans confort. © Mugur Vărzariu
Les Roms vivent trop souvent dans des logements de fortune, isolés et sans confort. © Mugur Vărzariu

Roumanie Le droit au logement enfin reconnu

13 juin 2013
Lors de son Examen Périodique Universel devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, la Roumanie a ccepté des mesures visant à garantir le droit au logement pour les communautés Roms. En revanche, peu de progrès sont observés en matière de lutte anti-terroriste.

Parmi ces recommandations, certaines préconisent l'adoption de mesures législatives protégeant le droit des Roms à un logement convenable. Amnesty International demande à la Roumanie de les mettre en œuvre sans délai et intégralement. Elle engage en outre le gouvernement à faire adopter de toute urgence une loi interdisant les expulsions forcées. En effet, les lacunes de la législation actuelle pourraient permettre à des instances locales de chasser des communautés roms établies de longue date. pour les reloger, craint Amnesty International. Ces transferts dans des structures inappropriées et à l'écart du reste de la société se traduisent trop souvent par une marginalisation accrues pour les Roms.

En matière de lute anti-terroriste, la Roumanie reste trop passive

Par ailleurs, un certain nombre d'États ont demandé la tenue d'une enquête indépendante, impartiale, exhaustive et efficace sur l'implication de la Roumanie dans les programmes de «restitution» et de détention secrète de l'Agence centrale du renseignement des États-Unis (CIA). Elle regrette que la Roumanie n'ait pas accepté ces recommandations. Il est consternant que de nombreux États européens n'aient toujours pas conduit d'enquête indépendante sur leur participation aux opérations des États-Unis. Certaines de ces personnes sont toujours détenues à Guantánamo. En septembre dernier, le Parlement européen a condamné l'attitude des États européens – dont la Roumanie – sur ce dossier, leur reprochant de n'avoir toujours pas mené d'enquête parlementaire et d'investigations judiciaires sur ces violations, ou d'entraver de telles initiatives.

Quelque mois auparavant, en 2012, le ressortissant saoudien Abd al Rahim al Nashiri avait saisi la Cour européenne des droits de l'homme au motif que la Roumanie refusait d'enquêter effectivement sur sa plainte concernant sa détention dans un centre secret de la CIA en Roumanie. La Cour européenne a communiqué cette affaire à la Roumanie en septembre, et lui a demandé de présenter ses observations. Amnesty International demande une nouvelle fois à la Roumanie d'ouvrir et de conduire une enquête indépendante sur le rôle joué par des agents de l'État et des agents étrangers dans ces opérations. Il s'agirait d'un premier pas, essentiel, en vue d'établir les responsabilités.