Un ouvrier recouvre un graffiti d'Alexei Navalny, critique du Kremlin, à Saint-Pétersbourg, le 28 avril 2021. © Olga Maltseva / AFP via Getty Images
Un ouvrier recouvre un graffiti d'Alexei Navalny, critique du Kremlin, à Saint-Pétersbourg, le 28 avril 2021. © Olga Maltseva / AFP via Getty Images

Russie L’anniversaire de l’empoisonnement d’Alexeï Navalny marque un an d’injustice scandaleuse

20 août 2021
L’anniversaire de l’empoisonnement et de la tentative d’assassinat à l’encontre d’Alexeï Navalny marque un an d’injustice scandaleuse, a déclaré Amnesty International. Début août, les autorités russes ont ajouté une nouvelle inculpation absurde à l’encontre d’Alexeï Navalny, tandis que les appels de ses sympathisant·e·s en faveur d’une obligation de rendre des comptes ont été réprimés brutalement, et que les responsables présumés de la tentative d’assassinat bénéficient d’une impunité totale.

« Il y a un an aujourd’hui, le 20 août 2020, le plus fervent détracteur du Kremlin a été attaqué avec une arme chimique interdite, un crime scandaleux qui aurait dû faire l’objet d’une enquête urgente de la part des autorités russes. Au lieu de cela, le gouvernement russe a choisi de jeter Alexeï Navalny en prison pour des motifs fallacieux, dans des conditions qui l’ont presque tué, et de mener une campagne incessante de représailles à l’encontre de ses sympathisant·e·s », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« Nous appelons les autorités russes à libérer immédiatement et sans condition Alexeï Navalny, car il s’agit d’un prisonnier d’opinion privé de liberté uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. »Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International

« L’absence totale d’enquête de la part des autorités russes sur la tentative d’assassinat contre Alexeï Navalny est une preuve accablante de leur mépris total pour la justice et pour le droit à la vie. Nous demandons une nouvelle fois qu’une enquête impartiale soit menée immédiatement sur la tentative d’empoisonnement contre Alexeï Navalny, et que la persécution de celui-ci et de ses sympathisant·e·s prenne fin.

« En outre, et ceci est le plus urgent, nous appelons les autorités russes à libérer immédiatement et sans condition Alexeï Navalny, car il s’agit d’un prisonnier d’opinion privé de liberté uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. La communauté internationale doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour veiller à ce que tous les responsables présumés de l’empoisonnement soient traduits en justice ; pour mettre fin à la détention illégale d’Alexeï Navalny ; et pour stopper la campagne de répression croissante que les autorités russes déchaînent contre leur propre population. »

Complément d’information

Alexeï Navalny, un militant de l’opposition russe de premier plan, et fondateur de la Fondation anticorruption, s’est évanoui lors d’un vol entre Tomsk (Sibérie) et Moscou le 20 août 2020. Il a été transféré en Allemagne pour y être soigné, et il y a passé 18 jours dans le coma. Des experts internationaux ont par la suite conclu que l’homme politique avait été empoisonné à l’aide d’un agent neurotoxique de type militaire Novitchok, qui est interdit au titre de la Convention sur les armes chimiques.

Depuis, les autorités russes n’ont ouvert aucune enquête sérieuse, ont bloqué les tentatives de la part des avocats d’Alexeï Navalny de contester cette inaction devant divers tribunaux, et ont ignoré les preuves solides indiquant que des agents du Service fédéral de sécurité (FSB) russe étaient impliqués dans l’empoisonnement.

À son retour à Moscou le 17 janvier 2021, Alexeï Navalny a été arrêté et condamné à purger une peine de deux ans et demi dans une colonie pénitentiaire pour avoir enfreint les conditions de sa mise à l’épreuve, imposée dans le cadre d’une précédente condamnation à caractère politique. La Fondation anticorruption et le réseau de soutien « Navalny Headquarters » ont été qualifiés d’« extrémistes » et interdits. Le 11 août 2021, Alexeï Navalny a été inculpé des nouvelles charges de « création d’une organisation à but non lucratif portant atteinte aux droits de citoyens », au titre d’un obscur article du Code pénal russe. S’il est déclaré coupable, il risque jusqu’à trois années d'emprisonnement supplémentaires.

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