Malgré des températures frisant les -50 degrés, les manifestants russes ont été nombreux à demander la libération de l'opposant Alexei Navalny. Ici, lors d'une manifestation non autorisée le 23 janvier à Perm city. © Shutterstock/Baba Mora
Malgré des températures frisant les -50 degrés, les manifestants russes ont été nombreux à demander la libération de l'opposant Alexei Navalny. Ici, lors d'une manifestation non autorisée le 23 janvier à Perm city. © Shutterstock/Baba Mora

Russie Les militant·e·s pro-Navalny doivent être libéré·e·s

25 janvier 2021
Plus de 1300 manifestant·e·s ont été arrêté·e·s et placé·e·s en détention ce samedi 23 janvier en Russie pour avoir protesté contre la détention d'Alexei Navalny. Amnesty International demande leur libération immédiate.

Réagissant à l’arrestation et au placement en détention de plus de 1 300 manifestant.es rassemblés ce samedi 23 janvier à Moscou et un peu partout en Russie pour protester contre l’arrestation motivée par des considérations politiques du célèbre opposant Alexeï Navalny, Natalia Zviaguina, directrice du bureau d'Amnesty International en Russie, a déclaré :

«La police a fait fi de son devoir de garantir le droit de réunion pacifique et a frappé et arrêté des manifestant·e·s sans discrimination, dont de nombreux jeunes.» Natalia Zviaguina, directrice du bureau d'Amnesty International en Russie

«Les autorités russes exercent systématiquement des représailles contre les manifestant·e·s pacifiques, et ce dont nous avons été témoins aujourd’hui n’a fait que le confirmer. La police a fait fi de son devoir de garantir le droit de réunion pacifique et a frappé et arrêté des manifestant·e·s sans discrimination, dont de nombreux jeunes.»

Réponse policière brutale

Les observateurs d’Amnesty International ont été témoins de la violence de la réponse policière à Moscou. Les forces de l’ordre ont recouru à une force excessive contre des manifestant.es très majoritairement pacifiques, poussant des personnes dans des escaliers et frappant des manifestant.es à coups de matraque. À un moment, un policier a frappé un homme sur la tête au moyen d’une matraque alors que celui-ci avait simplement demandé :  «Qu’est-ce que vous faite» ?

«Cette manifestation de force incontrôlée visait à briser la vague de mécontentement consécutive à l’arrestation arbitraire d’Alexeï Navalny et à la publication de sa dernière enquête, qui a révélé l’ampleur considérable de la corruption au somme de l’État.

«Amnesty International demande la libération immédiate et inconditionnelle de tous les manifestant·e·s et autres militant·e·s pacifiques de la société civile qui ont été soumis à des arrestations « préventives » pour des motifs fallacieux»

«Amnesty International demande la libération immédiate et inconditionnelle de tous les manifestant·e·s et autres militant·e·s pacifiques de la société civile qui ont été soumis à des arrestations « préventives » pour des motifs fallacieux, y compris les membres du personnel de la Fondation anticorruption d’Alexeï Navalny. Toutes ces personnes sont des prisonniers d’opinion, car elles sont détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.»

Complément d’information

Selon l’organisation de défense des droits humains OVD-Info, la police avait arrêté au moins 395 personnes rien qu’à Moscou au moment de la publication de ce document. Au moins 182 autres avaient été appréhendées à Saint-Pétersbourg, 91 à Novossibirsk et 47 à Krasnoïarsk. A 17 heures (heure de Moscou), le nombre total de personnes arrêtées était supérieur à 1 330.

À l’approche des rassemblements, le 21 janvier, la police a arrêté Kira Yarmych, attachée de presse d’Alexeï Navalny, Guéorgui Albourov et Lioubov Sobol, membres du personnel de la Fondation anticorruption, Vladlen Los, avocat de la Fondation, ainsi que de nombreuses autres personnes ayant des liens avec la Fondation un peu partout dans le pays. Vladlen Los, ressortissant bélarussien, a fait l’objet d’un arrêté d’expulsion lui ordonnant de quitter la Russie le 23 janvier au plus tard.

L’appel à manifester a été lancé à la suite de l’arrestation arbitraire d’Alexeï Navalny le 17 janvier à son arrivée à Moscou depuis Berlin, et de son placement en détention pour 30 jours.

Le 19 janvier, l’équipe de la Fondation anticorruption d’Alexeï Navalny a publié une enquête sur un palais d’un milliard de dollars des États-Unis qui aurait été construit pour le président Vladimir Poutine sur les rives de la Mer Noire. Depuis sa mise en ligne, la vidéo a été vue par plus de 55 millions de personnes.