Le metteur en scène Jaša Jenull doit payer 35 000 euros de frais pour une manifestation. ©Privé
Le metteur en scène Jaša Jenull doit payer 35 000 euros de frais pour une manifestation. ©Privé

Slovénie Des manifestant·e·x·s forcés de payer les frais de maintien de l'ordre

29 mars 2022
Le metteur en scène de théâtre slovène Jaša Jenull fait l’objet de demandes visant à lui faire assumer des frais exorbitants de maintien de l’ordre. Il avait participé à des manifestations pour dénoncer les restrictions aux droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique imposées dans le contexte de la pandémie.

Le 9 mars 2022, Jaša Jenull, militant et directeur de théâtre, a reçu un «appel à paiement avant action en justice» émanant du parquet slovène, qui l’enjoignait à verser 34 340.56 euros pour couvrir les frais de maintien de l’ordre liés à une manifestation. Ces frais renvoient à une action de protestation organisée le 19 juin 2020, au cours de laquelle Jaša Jenull et plusieurs dizaines d’autres personnes se sont assises par terre sur la place de la République, à Ljubljana, pour lire la Constitution à haute voix afin de protester contre les restrictions aux droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique imposées dans le contexte de la pandémie de COVID-19. 

Les demandes d’indemnisation et les poursuites à l’encontre de Jaša Jenull et d’autres manifestant·e·x·s pacifiques ont un caractère punitif et visent à réduire au silence les personnes qui exercent leurs droits fondamentaux. Exiger des participant·e·x·s aux manifestations qu’ils assument les frais de maintien de l’ordre est une violation du droit à la liberté de réunion pacifique. Les autorités slovènes doivent retirer leurs demandes d’indemnisation et s’abstenir d’infliger des sanctions aux personnes qui manifestent pacifiquement.

Amnesty International est préoccupée par les nombreuses mesures prises par les autorités slovènes ces dernières années pour limiter la participation aux manifestations, notamment les amendes, les actes d’intimidation, la fermeture d’espaces publics aux manifestations et l’interdiction générale de toute manifestation pendant plusieurs mois dans le contexte du COVID-19. Depuis mai 2020, la police a procédé à des contrôles d’identité aléatoires, a arrêté et soumis à des amendes des manifestant·e·x·s non violents qui n’avaient fait que brandir des pancartes contre le gouvernement, et a engagé des poursuites judiciaires contre certains manifestant·e·x·s.

Soutenez Jaša Jenull et le droit à la liberté d'expression et d'association en écrivant une lettre avec vos propres mots ou en utilisant la lettre type sur notre page Action urgente.