Suisse - Autriche Il faut traduire en justice d’anciens hauts fonctionnaires guatémaltèques

8 juin 2011
L’Autriche et la Suisse doivent faire en sorte que d’anciens hauts fonctionnaires guatémaltèques soient traduits en justice en raison de sérieuses allégations sur leur implication dans des cas d’exécutions extrajudiciaires, a déclaré Amnesty International le 8 juin 2011.

Des procédures judiciaires sont actuellement ouvertes contre d’anciens hauts fonctionnaires guatémaltèques en relation avec la mort en détention de prisonniers entre 2004 et 2007. L’Autriche est sur le point de statuer sur l’extradition de l’un d’entre eux.

«C’est l’occasion ou jamais pour l’Autriche et la Suisse de démontrer leur engagement en faveur des droits humains» a déclaré Sebastian Elgueta, chercheur sur l’Amérique centrale chez Amnesty International.  «Les pays européens peuvent, soit en extradant les accusés vers le Guatemala pour qu’ils y soient jugés, soit en les jugeant eux-mêmes, aider les victimes de violations des droits humains à obtenir justice».

Amnesty International a appelé les autorités autrichiennes à approuver l’extradition au Guatemala de Javier Figueroa Diaz, ancien chef de la division des enquêtes criminelles de la police guatémaltèque, ou à le juger en Autriche. Il est actuellement en résidence surveillée dans ce pays, dans l’attente d’un jugement sur son extradition qui devrait être rendu la semaine prochaine.

Une enquête suit son cours en Suisse contre un double national suisse-guatémaltèque, Erwin Sperisen, ancien chef de la police du Guatemala, en relation avec l’exécution extrajudiciaire de plusieurs détenus. Les autorités suisses ont récemment contacté leurs partenaires guatémaltèques pour obtenir des informations complémentaires en relation avec l’enquête. La Constitution suisse n’autorise pas l’extradition des citoyens helvétiques.

Les autorités espagnoles ont autorisé le 31 mai et sur la base diverses accusations, l’extradition de l’ancien ministre de la justice guatémaltèque vivant en Espagne, Carlos Vielman.

Les trois anciens hauts fonctionnaires, ainsi que d’autres personnes, sont accusés d’avoir été impliqués dans des cas d’exécutions extrajudiciaires alors qu’ils étaient en exercice au gouvernement ou dans les forces de police.

Ils seraient en particulier impliqués dans les exécutions de quatre détenus évadés de la prison d’«El Infiernito» (le petit enfer) en octobre 2005, dans celle de plusieurs prisonniers dans la prison d’«El Pavon» (le paon) en septembre 2006, ainsi que dans d’autres crimes.

Le Ministre de l’Intérieur et le Chef de la police avaient déclaré à l’époque que les détenus d’«El Pavon» avaient été tués lors d’une échauffourée avec les employés de la prison. Un rapport de l’Ombudsman guatémaltèque pour les droits humains, datant de décembre 2006, avait cependant conclu qu’ils avaient été abattus dans des circonstances confinant à une exécution extrajudiciaire.

«Le fait que ces anciens fonctionnaires soient jugés de manière impartiale et équitable – que ce soit au Guatemala ou à l’étranger – donnerait un signal clair que des démarches sont entreprises pour vaincre l’impunité rampante qui prévaut au Guatemala dans les cas d’exécutions extrajudiciaires et d’autres graves violations des droits humains», a déclaré Sebastian Elgueta.

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