Les violences policières d'Istanbul ont été décriées dans le monde entier. © Graham Seely
Les violences policières d'Istanbul ont été décriées dans le monde entier. © Graham Seely

Turquie Les négociations sont une timide avancée vers la résolution de la crise

17 juin 2013
Le Premier ministre a rencontré une délégation d’intellectuels afin de trouver une solution à la confrontation opposant les autorités aux manifestants à Istanbul. Une avancée positive, mais qui ne saurait masquer les violences qui persistent.

Amnesty International se félicite des négociations entamées par le gouvernement turc. Il s’agit de la première mesure pacifique prise par les autorités, après des semaines de déclarations hostiles et de recours excessif à la force contre les manifestants pacifiques. Par ailleurs, Amnesty International salue le fait que le Premier ministre se serait engagé à ce que les violences policières fassent l’objet d’une enquête en vue de déférer les responsables présumés en justice. Cette déclaration contraste avec ses propos précédents, où il préconisait un recours à la force encore durci contre les manifestants.

La coordination des manifestants, baptisée Solidarité Taksim, demande le maintien du parc qui se trouve place Taksim, la fin des violences policières et le respect des droits à la liberté d'expression et de réunion. Ils réclament en outre que les représentants de l’État considérés comme responsables d’atteintes aux droits humains soient démis de leurs fonctions.

Les violations des droits humains subsistent dans un climat tendu

Malgré ce signe encourageant, la police continue d’user de la force contre les manifestants pacifiques. Cela était notamment le cas dans la capitale, Ankara.  Par ailleurs, la police aurait arrêté une centaine de manifestants à Istanbul, et refuserait à présent de reconnaître leur détention. «Après des violences policières effroyables, les autorités refusent maintenant les garanties d'une procédure régulière. La police doit révéler où se trouvent ces personnes, leur permettre de prendre contact avec leurs familles et leurs avocats», a déclaré Andrew Gardner, chercheur d'Amnesty International sur la Turquie. Le fait que l'on ignore où se trouvent les manifestants arrêtés renforce les craintes qu'ils ne soient maltraités par la police.

On ignore combien de personnes ont été blessées pendant la violente intervention policière de la nuit dans différents quartiers d'Istanbul, mais elles se comptent probablement par centaines. À un moment, les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes directement dans un hôpital improvisé installé devant l'hôtel Divan, à Harbiye, où de nombreuses personnes se faisaient soigner.

Le dimanche 16 juin, des témoins ont vu des policiers arrêter des médecins qui soignaient des manifestants blessés. Le ministre de la Santé avait auparavant déclaré que ces hôpitaux étaient illégaux et que les médecins qui y exerçaient risquaient des poursuites. «Il est inacceptable que des médecins soient menacés de poursuites pour avoir soigné des personnes qui en avaient besoin. Ces médecins doivent être libérés immédiatement et toute menace de poursuites à leur encontre doit être levée», a souligné Andrew Gardner.

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