Rien que le 19 juillet 2016, 34 journalistes ont vu leur carte de presse annulée et un mandat d’arrêt a été délivré contre une journaliste pour sa couverture de la tentative de coup d’État.© AFP/Getty Images
Rien que le 19 juillet 2016, 34 journalistes ont vu leur carte de presse annulée et un mandat d’arrêt a été délivré contre une journaliste pour sa couverture de la tentative de coup d’État. © AFP/Getty Images

Turquie Liberté d'expression gravement menacée par une purge au sein des médias

20 juillet 2016
La répression généralisée déclenchée par la tentative de coup d’État se poursuit en Turquie et Amnesty International craint que les purges soient étendues dans le but de censurer les médias et les journalistes, en particulier ceux qui se montrent critiques envers la politique du gouvernement.

«Nous assistons à une répression d’une envergure exceptionnelle en Turquie à l’heure actuelle. S’il est compréhensible, et légitime, que le gouvernement souhaite enquêter et punir les responsables de cette tentative de coup d’État sanglante, il doit néanmoins se conformer à l’état de droit et respecter la liberté d'expression», a déclaré le spécialiste de la Turquie au sein d’Amnesty International. «Le peuple turc est encore sous le choc des événements du week-end et il est essentiel que la liberté de la presse et la libre circulation de l’information soient protégées, et non étouffées.»

Sites d'informations bloqués

Amnesty International a appris que les autorités avaient arbitrairement bloqué l’accès à plus de 20 sites d’information sur internet dans les jours qui ont suivi la tentative de coup d’État. Le 19 juillet 2016, de très nombreuses sources ont signalé que le gouvernement avait retiré leur licence à 25 organes d’information dans le pays. En outre, 34 journalistes ont vu leur carte de presse annulée.

Les autorités turques ont annoncé avoir émis 42 mandats d’arrêt contre des journalistes. En réaction à cette annonce, Gauri van Gulik, directrice adjointe du programme Europe à Amnesty International a déclaré : «Il s’agit là d’un développement alarmant qui renforce singulièrement l’idée que nous assistons à une purge basée sur la simple affiliation politique. En arrêtant massivement les journalistes, le gouvernement ne fait pas la distinction entre les actes criminels et la légitime critique. Plutôt que d’étouffer la liberté de la presse et de réduire les journalistes au silence, il est vital que les autorités turques permettent aux médias de faire leur travail et qu’elles mettent un terme à cette répression draconienne de la liberté d’expression.»