Action pour Taner Kiliç à l'occasion de l'Assemblée mondiale 2018 d'Amnesty International. © Szymon Stepniak
Action pour Taner Kiliç à l'occasion de l'Assemblée mondiale 2018 d'Amnesty International. © Szymon Stepniak

Turquie La levée de l'état d'urgence doit ouvrir la voie au retour de la justice

18 juillet 2018
L'état d'urgence en Turquie, en vigueur depuis deux ans, expire le 18 juillet. L'abrogation est un pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas suffisant pour améliorer la situation des droits humains. Des mesures systématiques sont nécessaires pour rétablir le respect des droits humains, pour permettre à la société civile de respirer librement et pour mettre fin au climat de peur dans le pays.

En réaction aux informations selon lesquelles l'état d'urgence ne sera pas renouvelé en Turquie une fois qu’il aura expiré à la fin de la journée, Fotis Filippou, directeur adjoint pour l'Europe à Amnesty International, a déclaré:

«Si la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis deux ans est un pas dans la bonne direction, elle doit s'accompagner sans délai de mesures afin de ne pas se résumer à une simple disposition superficielle.

«Depuis deux ans, la Turquie a été radicalement transformée par les mesures d'urgence qui ont servi à renforcer des pouvoirs draconiens, à faire taire les voix critiques et à saper les droits fondamentaux. Bon nombre resteront en vigueur après la  levée de l'état d'urgence.

«Des centaines de journalistes, de défenseurs des droits humains et de militants, dont le président honoraire d'Amnesty International Turquie, Taner Kılıç, sont détenus uniquement pour avoir fait leur travail.

«Des dizaines de milliers de personnes ont été enfermées par une justice qui pèche par son absence d'indépendance et incarcère des détracteurs réels ou présumés du gouvernement sans preuve qu’ils aient commis des actes pouvant raisonnablement constituer des infractions. Des ONG et des journaux ont été fermés et plus de 130 000 fonctionnaires turcs arbitrairement limogés au titre des dispositions d’urgence.

«La seule levée de l'état d'urgence ne suffira pas à inverser cette tendance répressive. Il faut une action systématique afin de rétablir le respect des droits humains, de permettre à la société civile de retrouver son dynamisme et d'alléger le climat de peur étouffant qui s'est abattu sur le pays.»

L'état d'urgence en vigueur expirera le 18 juillet à minuit.

Informations détaillées dans le briefing (PDF, anglais, 7 pages)