Manifestation à l'université du Bosphore (Boğaziçi) contre la nomination du nouveau recteur par le président Erdoğan. © Amnesty International
Manifestation à l'université du Bosphore (Boğaziçi) contre la nomination du nouveau recteur par le président Erdoğan. © Amnesty International

Action lettres Turquie Des étudiant·e·s font état de mauvais traitements en détention

18 janvier 2021
Des étudiant·e·s arrêté·e·s après une manifestation à Istanbul au début du mois de janvier font état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements, témoignant, par exemple, avoir été menotté·e·s dans le dos et frappé·e·s. Des étudiant·e·s LGBTI+ auraient par ailleurs été menacé·e·s de viol et insulté·e·s. Les autorités de poursuite doivent enquêter sur ces allégations et traduire en justice les membres des forces de l'ordre soupçonnés d’être responsables de ces agissements.

L'annonce, le 1er janvier 2021, de la nomination par le président Erdoğan du professeur Melih Bulu au poste de recteur de l'université du Bosphore (Boğaziçi) a été suivie de nombreuses protestations de la part d’étudiant·e·s et du personnel enseignant de l'institution, notamment sur les réseaux sociaux. Le 4 janvier, un groupe principalement composé d'étudiant·e·s de l'université du Bosphore - bien que des étudiant·e·s d'autres universités aient également été présent·e·s pour leur témoigner leur solidarité - a organisé une manifestation essentiellement pacifique à l'entrée du campus de l'université du Bosphore. D'après des témoignages d'étudiant·e·s et les enregistrements vidéo de la manifestation qu’Amnesty International a pu visionner, les manifestant·e·s étaient très majoritairement pacifiques. Il y a eu des cas isolés de violences très mineures, comme un manifestant donnant un coup de pied dans le bouclier d’un policier. Les forces de l'ordre, en tenue antiémeute, ont utilisé contre une foule largement pacifique (d’environ 500 personnes) du gaz lacrymogène et des canons à eau, et plusieurs manifestant·e·s ont été arrêté·e·s sur place pour une courte durée.

Le 5 janvier, au moins 17 étudiant·e·s ont été arrêté·e·s au cours de descentes effectuées à l’aube. Les agents ont recouru à la force pour entrer au domicile d'un étudiant qui n'était pas chez lui, cassant le mur à côté de la porte d’entrée. Un étudiant contre qui aucun mandat d'arrêt n'avait été décerné mais qui se trouvait à une adresse où une descente était effectuée a également été arrêté. Plusieurs personnes appréhendées ont indiqué que le mandat à leur encontre ne leur avait été présenté qu’après que les agents aient fait irruption chez elles et les ont menottées dans le dos.

Les 7 et 8 janvier, 35 étudiant·e·s ont été libéré·e·s, sous contrôle judiciaire pour la plupart d’entre eux.

Écrivez une lettre pour demander aux autorités de poursuite d'enquêter sur ces allégations et de traduire en justice les membres des forces de l'ordre soupçonnés d’être responsables de ces agissements.