Ukraine La première marche des fiertés interdite

Publié le 27 mai 2013, mis à jour le 29 mai 2013
Le conseil municipal de Kiev avait interdit la première marche des fiertés LGBTI, dans le centre-ville. Mais la marche a eu lieu quand même, grâce à la coopération du ministre de l'intérieur et à la protection offertes par la police ukrainienne.

Le conseil municipal avait déclaré qu'il avait interdit la manifestation du fait de la nécessité de gérer un grand nombre d'événements et d'animations culturelles dans toute la ville pour la Journée de Kiev, une célébration annuelle de cette cité. «Interdire la première marche des fiertés de l'Ukraine est une violation flagrante des obligations des autorités ukrainiennes, qui doivent garantir le droit à la liberté de réunion pacifique sans discrimination», a déclaré depuis Kiev Max Tucker, spécialiste de l'Ukraine à Amnesty International. «Nous avons fait de notre mieux pour nous adapter aux célébrations de la Journée de Kiev, mais il est clair que le conseil ne veut tout simplement pas que la marche ait lieu», a déclaré Stas Mischenko, responsable des communications de la KyivPride 2013.

En raison de la nature générale de l'interdiction, les organisateurs de la KyivPride 2013 n’avaient pas pu être considérés comme partie prenante dans cette affaire et n'auraient pas eu la possibilité de contester cette interdiction en justice. «Non seulement le conseil tente de nous priver de notre droit à la liberté de réunion, mais il nous refuse également la possibilité d'un procès équitable devant un tribunal», a déclaré Stas Mischenko.

Un symbole fort: la marche a tout de même eu lieu

En dépit de l’interdiction des autorités de Kiev, le ministère de l'Intérieur a été fidèle à ses obligations en matière de protection du droit à la liberté de réunion pacifique. Pour les personnes LGBTI, cela  constitue une étape importante dans la lutte contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre en Ukraine.

Amnesty International et le responsable de la sécurité pour la KyivPride 2013 ont pu rencontrer à Kiev des représentants du ministère de l'Intérieur avant l'événement, et discuter en détail du dispositif de sécurité nécessaire. Les préoccupations exprimées par Amnesty International ont été correctement traitées, et les demandes spécifiques du responsable de la sécurité ont été respectées.

La coopération de la police avec les organisateurs et la protection offerte était significativement meilleure que l'an dernier. À cette époque, en effet, la police n'avait pas pu mettre en place une protection adéquate contre les violences potentielles de contre-manifestants et avait conseillé aux organisateurs d'annuler la marche. Amnesty International et le comité organisateur de la KyivPride espèrent que le ministère de l'Intérieur continuera à garantir le droit à la liberté de réunion des personnes LGBTI en poursuivant la coopération établie cette année.

Le jour même de la marche, il y avait suffisamment d'agents pour sécuriser le parcours de la marche face à quelque 500 contre-manifestants. Toutefois, des contre-manifestants se sont infiltrés à l'intérieur du cordon de police, et cette dernière se doit d'enquêter sur comment ils ont pu y parvenir. Ces contre-manifestants, qui ont perturbé la marche en bousculant certains participants et déchirant des banderoles, ont été arrêtés rapidement et sans recours excessif à la force.