Sans cette enquête crédible des Nations Unies, un nuage de suspicion planera toujours au-dessus de l’Arabie Saoudite. © AFP/Getty Images
Sans cette enquête crédible des Nations Unies, un nuage de suspicion planera toujours au-dessus de l’Arabie Saoudite. © AFP/Getty Images

Arabie saoudite La Turquie doit demander aux Nations Unies de mener une enquête impartiale sur l’affaire Khashoggi

Communiqué de presse publié le 18 octobre 2018, New-York-Berne. Contact du service de presse
La Turquie doit urgemment demander au Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres d’enquêter sur la possible exécution extrajudiciaire du célèbre journaliste saoudien Jamal Khashoggi, demandent aujourd’hui Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters sans frontières et le Comité pour la protection des journaliste (CPJ).

L’enquête devrait déterminer le rôle de l’Arabie saoudite et les circonstances entourant la disparition forcée et la possible exécution de Jamal Khashoggi. Elle doit identifier les personnes responsables d’avoir ordonné, planifié ou exécuté toute opération en relation avec cette affaire.

La Turquie doit demander aux Nations Unis de mener rapidement une enquête crédible et transparente. Les preuves collectées doivent être préservées en vue de futures poursuites. L’équipe d’investigation doit pouvoir visiter tout endroit nécessaire et interroger sans interférences les témoins et potentiels suspects. L’équipe devra également formuler des recommandations sur les manières de traduire en justice toute personne contre laquelle des éléments de preuve crédibles auront été trouvés.

Depuis l’accession de Mohammad Ben Salman au titre de Prince héritier, la répression contre les dissidents s’est accentuée dans le pays, notamment à l’égard des défenseurs pacifiques de la liberté d’expression et des droits humains en général.

La disparition du journaliste survient après plus d’un an d’arrestations de journalistes ayant dénoncé des cas de corruption, défendu les droits des femmes et d’autres sujets sensibles. Nombre d’entre eux sont détenus sans inculpation dans des lieux inconnus.

Le 15 octobre, le roi d’Arabie saoudite a ordonné l’ouverture d’une enquête sur la disparition de Jamal Khashoggi. Au vu d’une possible implication des autorités saoudiennes dans cette affaire, et du manque d’indépendance patent du système pénal saoudien, l’impartialité d’une telle enquête est questionnée. Seules les Nations Unies possèdent la crédibilité et l’indépendance nécessaire pour dénoncer les commanditaires de la disparition forcée de Jamal Khashoggi et leur demander des comptes.

«Si le gouvernement saoudien n’est pas impliqué dans la disparition de Jamal Khashoggi, il a tout à gagner qu’une enquête impartiale des Nations Unies le blanchisse», a déclaré Sharine Tadros, responsable du bureau d’Amnesty International auprès des Nations Unies à New York. «Sans cette enquête crédible des Nations Unies, un nuage de suspicion planera toujours au-dessus de l’Arabie Saoudite, quelle que soit l’explication fournie à la disparition de Jamal Khashoggi par les autorités.»

Amnesty International a lancé une action internationale pour obtenir des réponses sur l'affaire Khashoggi.