Ensaf Haidar, épouse de Raïf Badawi, à Berne © Amnesty International
Ensaf Haidar, épouse de Raïf Badawi, à Berne © Amnesty International

Arabie Saoudite Triste anniversaire pour Raïf Badawi

11 janvier 2019
Dans l'ombre de l'assassinat de Jamal Kashoggi, la détention de nombreux militants des droits humains et critiques du système en Arabie saoudite est passé au second plan. C’est notamment le cas du blogueur Raïf Badawi, qui fêtera ses 35 ans le 13 janvier. De très nombreuses personnes du monde entier auraient souhaité qu’il puisse célébrer son anniversaire en liberté. Mais il devra malheureusement rester séparé de sa famille dans sa cellule de la prison de Dhaban, sur la mer Rouge. Amnesty International demande une nouvelle fois sa libération immédiate et inconditionnelle.

Raif Badawi a été arrêté en juin 2012 et croupit depuis lors en prison. En septembre 2014, un tribunal l'a condamné à dix ans de prison, à 1 000 coups de canne et à une amende équivalente à 250’000 Euros pour « insulte à l'Islam ». Sur sa page « Les Libéraux saoudiens », fondée en 2008, il avait commenté et critiqué des décisions politiques et religieuses ainsi que des institutions, dans un pays qui applique très strictement la religion musulmane.

Il y a quatre ans, le 9 janvier 2015, la flagellation publique de Raïf Badawi provoquait une indignation mondiale. En 2015, le jeune saoudien a reçu in absentia le Prix Sakharov pour la liberté d’opinion du Parlement européen. Malgré les protestations et la lutte incessante de son épouse Ensaf Haidar, depuis son exil canadien, Raïf Badawi est toujours en prison. Bien que l'exécution du reste de sa peine ait été suspendue, elle pourrait reprendre à tout moment.

Le cas de Raïf Badawi est, et reste, un exemple choquant du peu de cas qui est fait de la liberté d'expression et d’opinion en Arabie saoudite. Amnesty International demande la libération immédiate de Raïf Badawi et des autres prisonniers d'opinion saoudiens – dont Samar Badawi, sa sœur –, de son ancien avocat Walid Abu al-Khair, et des militantes des droits des femmes emprisonnées. L’organisation de défense des droits humains appelle les gouvernements – y compris le Conseil fédéral – à poursuivre et à intensifier leurs pressions sur les autorités saoudiennes pour obtenir la libération des personnes susmentionnées.

Redémarrage de l’action e-mail à l’Ambassade saoudienne

Demandez, quatre ans après sa flagellation, la libération de Raif Badawi et des autres prisonniers d'opinion en Arabie Saoudite.

Écrivez à l'ambassade saoudienne à Berne chemb@mofa.gov.sa ou via le formulaire de contact) et/ou à la Mission saoudienne auprès des Nations Unies à Genève (via formulaire de contact).

Certaines de vos données personnelles doivent être saisies dans les formulaires de contact (numéro de portable sans espaces entre les chiffres).

 

Proposition de texte 

 

Raif Badawi’s birthday

Your Excellency

13 January 2019 marks Raif Badawi’s 35th anniversary. Sadly, he is still suffering in jail, far from his family and relatives, simply for exercising his right to freedom of expression.

Besides Raif Badawi, dozens more outspoken activists remain behind bars as prisoners of conscience. The authorities have targeted the small but vocal community of human rights defenders, including by using anti-terrorism laws to suppress their peaceful actions to expose and address human rights violations.

I am extremely concerned about the continued imprisonment of Raif Badawi and the intensified crackdown on freedom of expression in the country. I am therefore calling on King Salman and the Saudi Arabian authorities to immediately and unconditionally release Raif Badawi and all the other prisoners of conscience.

Yours Sincerely