Egypte Blogueur condamné à deux ans de prison

16 décembre 2011
Un tribunal militaire a confirmé la condamnation d’un blogueur : deux ans de prison pour avoir critiqué sur sa page Facebook les autorités militaires.

Initialement condamné à trois ans de prison, Maikel Nabil Sanad, célèbre blogueur en Egypte et prisonnier d'opinion, a vu la durée de sa peine ramenée à deux ans mercredi 14 décembre 2011. Il a  été rejugé par un tribunal militaire.

Il a été placé en détention en avril pour avoir critiqué sur sa page Facebook les autorités militaires arrivées au pouvoir après la chute du président Moubarak et pour avoir «répandu des mensonges et des rumeurs sur les forces armées» sur son blog.

«Maikel Nabil Sanad doit être libéré immédiatement et sans condition», a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. «Cet homme est un prisonnier d’opinion et n’aurait pour commencer jamais dû être poursuivi.»

En grève de la faim

Maikel Nabil Sanad a entamé une grève de la faim en août – il n’ingère plus que des liquides – afin de protester contre son incarcération et son procès devant un tribunal militaire. Récemment, des responsables militaires lui auraient demandé de présenter des excuses au Conseil suprême des forces armées pour ses écrits, mais il a refusé.

«Mon fils a été condamné parce qu’il a dit la vérité sur ce qui s'est passé sur la place Tahrir [lors du soulèvement de 2011]», a déclaré son père, Ibrahim Sanad, à Amnesty International. «Le peuple égyptien subit injustices et inégalités à cause des forces armées, qui annoncent certaines choses et en font d’autres totalement différentes.»

Maikel Nabil Sanad reste déterminé à protester contre son emprisonnement et a dit à son frère Mark, peu après l’annonce du jugement : «Je n’ai pas plus de valeur que ceux qui sont morts ou ont perdu la vue.»

Peu de changements depuis le départ de Moubarak

En plus de sa condamnation à deux ans de prison, Maikel Nabil Sanad a été sanctionné d’une amende de 200 livres égyptiennes (environ 25 euros) et s’est vu réclamer 300 livres égyptiennes (soit 38 euros) de frais de justice pour un avocat que le tribunal militaire avait désigné pour le défendre. En signe de protestation contre son procès devant un tribunal militaire, il avait refusé toute assistance juridique.

«Le recours à la justice militaire contre ceux qui expriment leurs opinions de manière pacifique, qui vise à sanctionner ces personnes en les jetant derrière les barreaux, montre que les choses ont peu changé depuis le départ du président Moubarak», a conclu Hassiba Hadj Sahraoui.

Amnesty International s’oppose à ce que des civils soient jugés par des tribunaux militaires et estime ces procès iniques car ils portent atteinte au droit de l’accusé de bénéficier d’un procès devant un tribunal indépendant et impartial.

Merci pour votre don

Votre engagement est notre force. Merci pour votre don