Amal Fathy a été arrêtée au Caire le 11 mai, après avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo dénonçant le harcèlement sexuel et l'inaction des autorités. © DR /Amnesty
Amal Fathy a été arrêtée au Caire le 11 mai, après avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo dénonçant le harcèlement sexuel et l'inaction des autorités. © DR /Amnesty

Égypte Amal Fathy condamnée à deux ans d'emprisonnement

Amal Fathy a été arbitrairement arrêtée le 11 mai dernier et déjà passé plus de 140 jours en prison pour avoir mis en ligne, sur Facebook, une vidéo dans laquelle elle a décrit le harcèlement sexuel dont elle a été victime et a critiqué les autorités égyptiennes pour leur passivité sur cette question.

Amal Fathy a maintenant été condamnée à une peine d’emprisonnement de deux ans avec possibilité d’être temporairement libérée contre une caution de 20'000 Livres égyptiennes (environ 1100.- SFR) et à une amende de 10'000 Livres (550. -- SFR). Déja détenue arbitrairement depuis plus de 140 jours, Amal Fathy doit maintenant faire face à une condamnation honteuse qui sanctionne son courage de s’exprimer publiquement contre le harcèlement sexuel. Selon Amnesty International, il s’agit d’un cas flagrant d’injustice. La victime est condamnée alors que l’auteur du délit reste en liberté. Amal Fathy est une défenseuse des droits humains et victime de harcèlement sexuel elle a dévoilé la vérité au monde entier et a mis en évidence le problème vital de la sécurité des femmes en Egypte. Elle n’est pas une criminelle et ne devrait en aucune façon être punie pour sa bravoure.

Amnesty International appelle une fois de plus les autorités égyptiennes à relâcher Amal Fathy immédiatement et sans conditions. Toutes les charges contre elles doivent être levées. Son emprisonnement pour avoir exprimé pacifiquement son opinion est un affront au droit à la libre expression garantie par la Constitution égyptienne, aux engagement internationaux pris par ce pays, ainsi qu’à ses promesses répétées de combattre le harcèlement sexuel.

Il semble aujourd’hui plus dangereux de critiquer le gouvernement égyptien qu’à n’importe quelle autre époque de son histoire récente. Les Égyptiens qui vivent sous le régime du Président al-Sisi sont traités comme des criminels dès qu’ils expriment pacifiquement leurs opinions.