Mahienour el-Masry (1) / portrait en haut: Alaa Abdel Fattah (2) / portrait en bas: Mohamed el-Baqer (3) © 1: Hossam el-Hamalawy, 2: FILIPPO MONTEFORTE/AFP/Getty Images, 3: STR/AFP/Getty Images/ Private
Mahienour el-Masry (1) / portrait en haut: Alaa Abdel Fattah (2) / portrait en bas: Mohamed el-Baqer (3) © 1: Hossam el-Hamalawy, 2: FILIPPO MONTEFORTE/AFP/Getty Images, 3: STR/AFP/Getty Images/ Private

Égyptre: Action lettre pour Mahienour el Masry, Alaa Abdel Fattah et Mohamed el Baqer Libérer des victimes de la vague de répression !

Lettres contre l'oubli de février 2020
En septembre 2019, Mahienour el Masry, Alaa Abdel Fattah ont été arrêté. Amnesty International considère qu'ils sont détenus uniquement en raison de leur travail en faveur des droits humains et de leur militantisme politique. Leur détention porte atteinte à leur droit à la liberté d’expression.

Le 22 septembre 2019, des hommes en tenue civile ont arrêté Mahienour el Masry, avocate spécialiste des droits humains, devant le bâtiment des services du procureur général de la sûreté de l’État, au Caire, et l’ont fait monter à bord d’une fourgonnette pour un lieu non révélé. Mahienour el Masry se trouvait dans ces locaux pour suivre l’enquête menée sur les personnes arrêtées à la suite de manifestations ayant éclaté les 20 et 21 septembre. Elle a ensuite été reconduite aux services du procureur général de la sûreté de l’État, où un procureur l’a informée qu’elle était inculpée d’«assistance à un groupe terroriste», de «diffusion de fausses nouvelles» et d’«utilisation d’un réseau social pour diffuser de fausses rumeurs». Il a ordonné son placement en détention dans l’attente des résultats de l’enquête.

Le 29 septembre 2019, Alaa Abdel Fattah n’est pas ressorti du poste de police de Dokki, au Caire, où il passait 12 heures chaque nuit dans le cadre de sa liberté conditionnelle. La police a indiqué à sa mère qu’il avait été emmené par des fonctionnaires de l’Agence de sécurité nationale auprès des services du procureur général de la sûreté de l’État. Plus tard le même jour, Mohamed el Baqer, l’un des avocats d’Alaa Abdel Fattah, s’est présenté sur place pour l’assister et a été arrêté. Les deux hommes ont été placés en détention provisoire dans l’attente des résultats de l’enquête pour «appartenance à une organisation illégale», «réception de fonds en provenance de l’étranger», «diffusion de fausses nouvelles» et «utilisation abusive des réseaux sociaux».

Les policiers ont bandé les yeux des deux hommes sur le chemin qui les menait à la prison, et ils ont frappé et roué de coups de pied Alaa Abdel Fattah et insulté Mohamed el Baqer en entrant dans la prison. À son arrivée, des gardiens de prison ont ordonné à Alaa Abdel Fattah de se mettre en sous-vêtements, puis plusieurs policiers l’ont agressé. Par la suite, les gardiens ont plusieurs fois ouvert la porte de sa cellule en lui ordonnant de se tourner vers le mur avant de le menacer et de l’insulter. Les effets personnels d’Alaa Abdel Fattah et de Mohamed el Baqer, y compris leurs vêtements, ont été confisqués par les gardiens. Un membre de l’Agence de sécurité nationale a affirmé à Alaa Abdel Fattah qu’il serait torturé s’il signalait au procureur les actes de torture qu’il avait subis.

La détention de Mahienour el Masry, Alaa Abdel Fattah et Mohamed el Baqer intervient alors que l’Égypte connaît sa plus forte vague de répression depuis le début de la présidence d’Abdel Fattah al Sissi. Plus de 3 900 personnes ont été arrêtées en lien avec les manifestations des 20 et 21 septembre 2019 appelant à la démission du président al Sissi.

Amnesty International considère que Mahienour el Masry, Alaa Abdel Fattah et Mohamed el Baqer sont détenus uniquement en raison de leur travail en faveur des droits humains et de leur militantisme politique. Leur détention porte atteinte à leur droit à la liberté d’expression.

Le bureau du procureur général a le pouvoir de faire libérer Mahienour el Masry, Mohamed el Baqer et Alaa Abdel Fattah et de traduire en justice les responsables présumés des actes de torture infligés à ce dernier.

Veuillez écrire une lettre courtoise en arabe, anglais ou français au procureur général.

PROPOSITION DE LETTRE et revendictions en français
(modèle de lettre en anglais voir tout en bas)

Monsieur,

Le 22 septembre 2019, des hommes en tenue civile ont arrêté Mahienour el Masry, avocate spécialiste des droits humains, devant le bâtiment des services du procureur général de la sûreté de l’État, au Caire. Mahienour el Masry se trouvait dans ces locaux pour suivre l’enquête menée sur les personnes arrêtées à la suite de manifestations ayant éclaté les 20 et 21 septembre. On l’a informée qu’elle était inculpée d’«assistance à un groupe terroriste», de «diffusion de fausses nouvelles» et d’«utilisation d’un réseau social pour diffuser de fausses rumeurs» et on a ordonné son placement en détention dans l’attente des résultats de l’enquête.

Le 29 septembre 2019, Alaa Abdel Fattah n’est pas ressorti du poste de police de Dokki, au Caire, où il passait 12 heures chaque nuit dans le cadre de sa liberté conditionnelle. Plus tard le même jour, Mohamed el Baqer, l’un des avocats d’Alaa Abdel Fattah, s’est présenté sur place pour l’assister et a été arrêté. Les deux hommes ont été placés en détention provisoire dans l’attente des résultats de l’enquête pour «appartenance à une organisation illégale», «réception de fonds en provenance de l’étranger», «diffusion de fausses nouvelles» et «utilisation abusive des réseaux sociaux».

Cette situation me préoccupe beaucoup, et je vous demande, Monsieur, d’ordonner la libération de Mahienour el Masry, d’Alaa Abdel Fattah et de Mohamed el Baqer, immédiatement et sans condition.
Dans l’attente de leur libération, je vous prie de veiller à ce qu’ils puissent s’entretenir avec un avocat et avec leur famille et qu’ils soient protégés contre la torture et d’autres mauvais traitements.
De plus, je vous engage à ouvrir une enquête sur les actes de torture infligés à Alaa Abdel Fattah et à traduire les responsables présumés en justice.
Finalement je vous demande d’ordonner la libération immédiate de toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé sans violence leurs droits à la liberté d’expression et de réunion.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de ma haute considération.

 

Adresser la lettre à

Hamada al Sawi, Procureur général
Office of the Public Prosecutor
Madinat al-Rehab
Cairo
Égypte

Fax : +202 2577 4716

Formule d’appel : Dear Counsellor, / Monsieur,

Copies à

Ambassade de la République Arabe d'Egypte
Elfenauweg 61
3006 Berne

Fax: 031 352 06 25
E-mail: embassy.bern@mfa.gov.eg

 

Vous trouverez un modèle de lettre en français à la page 3 du fichier Word ici.


Taxe postale: Europe: CHF 1.50 / autres pays: CHF 2.00

 


Model letter in english:

Dear Counsellor,

On 22 September 2019, men in plain clothes arrested human rights lawyer Mahienour el-Masry at the Supreme State Security Prosecution (SSSP) building in Cairo and bundled her into a minivan to an undisclosed location. She was at the SSSP to follow up on the investigations of those who have been arrested over protests that broke out on 20 and 21 September. She is accused of «collaborating with a terrorist organization to achieve its goals», «spreading false news», and «using social media to publish false rumours». The prosecutor ordered her detention pending investigations.

On 29 September, Alaa Abdelfattah was arrested at the Dokki police station in Cairo. Later that day, Mohamed el-Baqer, one of Alaa Abdel Fattah’s lawyers, arrived to represent him and was detained. Both men are detained in pre-trial detention pending investigations for «joining an illegal organization», «receiving foreign funding», «spreading false news», and «misusing social media».

I'm urging you to release Mahienour el-Masry, Alaa Abdelfattah and Mohamad el-Baqer, immediately and unconditionally. Pending their release, please make sure that they have access to lawyers and family and ensure they are protected from torture and other ill-treatment. I would also like to ask you to open an investigation into the torture of Alaa Abdel Fattah and to bring all those responsible to justice.

Yours sincerely,