Le journaliste d'Al-Jazeera Mohammed Adow a montré son soutien aux trois personnes arrêtées en s'exprimant devant l'ambassade égyptienne. © SIMON MAINA/AFP/Getty Images
Le journaliste d'Al-Jazeera Mohammed Adow a montré son soutien aux trois personnes arrêtées en s'exprimant devant l'ambassade égyptienne. © SIMON MAINA/AFP/Getty Images

Egypte trois journalistes d'Al Jazeera condamnés

La condamnation du 23 juin 2014 de trois journalistes de la chaîne Al Jazeera accusés de «falsifier les nouvelles» et appartenant ou soutenant le mouvement interdit des Frères musulmans représente une violente attaque contre la liberté de presse, estime Amnesty International.

Les trois journalistes – l’Australien Peter Greste, le Canado-égyptien Mohamed Fahmy et l’Egyptien Baher Mohamed–, considérés par Amnesty International comme des prisonniers d’opinion, ont été condamnés à sept ans d’emprisonnement. Baher Mohamed a été condamné à trois années supplémentaires parce qu’il détenait un gilet pare-balles. Les trois hommes étaient détenus depuis le 29 décembre 2013.

«Il s’agit d’un verdict dévastateur pour ces hommes et leur famille et d’un jour sombre pour la liberté de presse en Egypte. Des journalistes sont enfermés et désignés comme des criminels ou des ‘terroristes’ simplement pour avoir fait leur travail», a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord chez Amnesty International.

«La seule raison pour laquelle ces trois hommes sont en prison est que les autorités égyptiennes n’apprécient pas ce qu’ils ont à dire. Ce sont des prisonniers d’opinion qui doivent être libérés immédiatement et inconditionnellement. Quiconque remet en cause le discours étatique et considéré comme une cible légitime.»

Parmi les journalistes également jugés à côté de ceux d’Al Jazeera, deux ont été acquittés et quatre condamnés à sept ans d’emprisonnement. La cour a également condamné un certain nombre d’autres journalistes in absentia, parmi lesquels les journalistes britanniques Sue Turton et Dominic Kane, ainsi que le journaliste néerlandais Rena Netjes.

Un observateur d’Amnesty International a relevé plusieurs irrégularités et exemples d’inepties durant le déroulement des procès. Pendant douze sessions de la cour, le Ministère public n’est pas parvenu à produire un seul élément d’évidence liant les journalistes à une organisation terroriste ou prouvant qu’ils auraient «falsifié»  des nouvelles.

«Le procès était un simulacre. Condamner ces hommes à des années de prison après un spectacle aussi grotesque est une parodie de justice», a déclaré Philip Luther

Les journalistes ne sont pas les seuls à courir des risques. Des milliers de personnes ont été arrêtées depuis un an, suite à des mesures de rétorsion abusives contre l’opposition. De nombreuses condamnations à mort ont été prononcées contre des partisans de l’ancien président Mohamed Morsi.

Communiqué de presse publié le 23 juin 2014, Londres, Lausanne.
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