Dr Mohammed al-Roken © Droits réservés
Dr Mohammed al-Roken © Droits réservés

Émirats arabes unis: Action lettre pour Mohammed al Roken Défenseur des droits humain emprisonné

Lettres contre l'oubli de mai 2016
Mohammed al Roken, professeur de droit constitutionnel et défenseur des droits humains, purge actuellement une peine de dix ans de prison aux Émirats arabes unis. Il a été condamné le 2 juillet 2013 à l’issue du procès collectif de 94 militants (procès des «94 Émiriens»). Depuis près de 20 ans, Mohammed al Roken est membre d'Amnesty International et entretient des liens étroits avec l'organisation. Avant son emprisonnement, il a été pendant plus de 10 ans le principal contact d'Amnesty pour le travail concernant les Émirats arabes unis.

En compagnie d'autres avocats, de juges, d'universitaires, d'étudiants et de militants, il figure parmi les 69 personnes (sur 94) condamnées à des peines de prison, allant de sept à quinze ans, par la chambre de la Cour suprême fédérale d'Abou Dhabi, chargée des affaires concernant la Sûreté de l'État. Dans une atteinte inouïe à la liberté d'expression et à la liberté d'association, destinée à étouffer les appels en faveur de réformes démocratiques aux Émirats arabes unis, toutes ces personnes ont été déclarées coupables de tentative de coup d'État, au terme d'un procès inique à caractère politique.

Les prévenus ont eu l’interdiction de contacter leur avocat ou leur famille pendant qu’ils étaient détenus au secret dans l'attente de leur procès. Tous ont été maintenus à l'isolement dans des prisons secrètes, parfois jusqu'à un an. Beaucoup ont confié au juge avoir été torturés, et des «aveux» obtenus sous la torture ou par d'autres mauvais traitements ont été utilisés lors du procès afin de prouver leur culpabilité. Certains accusés ont déclaré que leur signature avait été imitée sur des «aveux». Les prisonniers n'ont quitté leur lieu de détention secret qu'après le début de leur procès, quand le juge a ordonné qu'ils soient transférés dans des prisons «officielles». Tous les prévenus ont été privés du droit de faire appel du verdict, contrairement aux obligations qui incombent aux Émirats arabes unis au titre du droit international relatif aux droits humains.

Mohammed al Roken est un prisonnier d’opinion.

PROPOSITION DE LETTRE ET REVENDICATIONS

Monsieur le Président,

Mohammed al Roken purge actuellement une peine de dix ans de prison, à laquelle il a été condamné le 2 juillet 2013 à l’issue du procès collectif de 94 militants.

En compagnie d'autres avocats, de juges, d'universitaires, d'étudiants et de militants, il figure parmi les 69 personnes (sur 94) condamnées à des peines de prison, allant de sept à quinze ans.

Toutes ces personnes ont été déclarées coupables de tentative de coup d'État, au terme d'un procès inique à caractère politique.

Les prévenus ont eu l’interdiction de contacter leur avocat ou leur famille pendant qu’ils étaient détenus au secret dans l'attente de leur procès. Tous ont été maintenus à l'isolement dans des prisons secrètes. Beaucoup ont confié au juge avoir été torturés, et des «aveux» obtenus sous la torture ou par d'autres mauvais traitements ont été utilisés lors du procès afin de prouver leur culpabilité. Certains accusés ont déclaré que leur signature avait été imitée sur des «aveux». Tous les prévenus ont été privés du droit de faire appel du verdict, contrairement aux obligations qui incombent aux Émirats arabes unis au titre du droit international relatif aux droits humains.

Je suis très préoccupé·e par cette situation et je vous exhorte, Monsieur le Président, à

  • libérer Mohammed al Roken immédiatement et sans condition car il s’agit d’un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits à la liberté d’expression et à la liberté d’association;
  • veiller à ce qu’il puisse communiquer régulièrement avec ses proches et ses avocats, et bénéficier des soins médicaux dont il a besoin;
  • garantir sa protection contre la torture et d'autres mauvais traitements, et veiller à ce qu'il soit détenu dans des conditions décentes, conformes à l'Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma haute considération.

Adresser la lettre à

Président des Émirats arabes unis
Sheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan,
Ministry of Presidential Affairs
Corniche Road
P.O. Box 280, Abu Dhabi
Émirats arabes unis

Fax: +971 2 622 2228
E-mail: ihtimam@mopa.ae

Formule d’appel : Your Highness / Monsieur le Président,

et à


Prince héritier d'Abou Dhabi et vice-commandant en chef des forces armées émiriennes
Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan
Crown Prince Court
Bainunah Street
P.O. Box: 124
Abu Dhabi
Émirats arabes unis

Fax: +971 2 668 6622

Formule d’appel : Your Highness / Monseigneur, (puis Votre Altesse, dans le corps du texte),

Copies à

Ambassade des Emirats Arabes Unis
Eigerstrasse 2
3007 Berne

Fax: 031 311 80 92
E-mail: bern@mofa.gov.ae

 

Vous trouverez un modèle de lettre en français à la page 6 du fichier Word ici.