Journalistes arrêté∙e∙s Iran: les médias sont contraints au silence

30 juin 2009
Les autorités iraniennes doivent libérer immédiatement les dizaines de journalistes arrêtés depuis le 12 juin et exposés au risque d’être torturés en détention, a indiqué Amnesty International ce vendredi 26 juin 2009, après les avoir tous adoptés en tant que prisonniers d’opinion.

Des centaines de milliers de partisans d’Hossein Mussawi réunis pour manifester après le scrutin présidentiel, le 15 Juin 2009 à Téhéran © AP / PA Photo / Ben Curtis

« Il est choquant que des journalistes – dont le travail consiste à informer la population – soient placés derrière les barreaux, en plus de toutes les mesures draconiennes que les autorités ont prises pour limiter la libre circulation des informations relatives à ce qui se passe réellement en Iran, a affirmé Hassiba Hadj Sahraoui d’Amnesty International. Au lieu d’enquêter sur les allégations d’atteintes aux droits humains, les autorités font savoir sans ambiguïté qu’elles cherchent à escamoter la vérité, aux yeux de leurs citoyens et du reste du monde. »

Des dizaines de journalistes, dont certains ont aussi fait campagne pour Mir Hossein Mousavi ou Mehdi Karroubi, tous deux candidats à l’élection présidentielle, sont maintenus en détention depuis les quinze derniers jours. On ignore où se trouvent la plupart d’entre eux.

Le 22 juin, entre 20 et 25 employés du journal Kalameh Sabz ont été arrêtés dans leurs bureaux, à Haft Tir Square, et sont toujours détenus. Les autorités n’ont pas révélé le sort qui leur a été réservé. Fondé par le candidat à l’élection présidentielle Mir Hossein Mousavi en 2009, Kalameh Sabz n’est pas sorti en kiosque depuis le 14 juin.

Depuis l’annonce le 13 juin de la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad, les autorités iraniennes imposent de sévères restrictions à la liberté d’expression. L’accès à Internet est bloqué ou systématiquement interrompu. Les journaux iraniens se voient interdire de publier toute information relative aux émeutes. Il est interdit aux journalistes étrangers de sortir dans la rue et plusieurs reporters étrangers ont été expulsés du pays.

« Les autorités doivent pour le moins révéler sans délai où se trouvent ces journalistes, veiller à ce qu’ils ne soient pas maltraités ou torturés et permettre à leurs familles et à leurs avocats de leur rendre visite, a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui. Tant que les autorités ne lèveront pas toutes les restrictions illégales imposées à la liberté d’expression – notamment le droit des journalistes de rendre compte des événements – et ne libèreront pas tous les journalistes interpellés, nous pouvons simplement supposer qu’elles cherchent à dissimuler les preuves d’atteintes aux droits humains et à bâillonner tous les détracteurs. »