Berne, le 3 novembre 2010 © Susanne Keller
Berne, le 3 novembre 2010 © Susanne Keller

Iran Nouveaux «Aveux» télévisés de Sakineh Ashtiani

13 décembre 2010
Amnesty International condamne les informations relatives aux derniers «aveux» télévisés de Sakineh Mohammadi Ashtiani.

Selon les médias, une équipe de production de Press TV est allée chercher Sakineh Mohammadi Ashtiani en prison, ainsi que son fils Sajjad Qaderzadeh, lui aussi incarcéré. On les aurait conduits dans l'ancienne maison de Sakineh Ashtiani pour le tournage d'une « reconstitution de son crime sur la scène du meurtre», vraisemblablement destinée à un «documentaire».

«Si les autorités cherchent à utiliser ces " aveux " en vue de forger un nouveau dossier contre elle, pour un crime pour lequel elle a déjà été jugée et condamnée, nous dénoncerons cette manœuvre dans les termes les plus vifs», rapporte un collaborateur d’Amnesty à Londres. Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à une peine de 10 ans d'emprisonnement en 2006 pour le meurtre de son époux. D'après son avocat, sa peine a par la suite été réduite à cinq ans pour « complicité » de meurtre. Sakineh Mohammadi Ashtiani a également été condamnée à être exécutée par lapidation pour «adultère en étant mariée». En septembre dernier, il semblait que sa condamnation à la lapidation pouvait être commuée en pendaison: Mais les conclusions de la révision judiciaire de cette condamnation sont toujours attendues.

«Il semble que les autorités iraniennes se servent des médias iraniens afin de dépeindre Sakineh Mohammadi Ashtiani comme une dangereuse criminelle qui mérite d'être mise à mort. Elles ne doivent pas exécuter cette femme, de quelque manière que ce soit. Elles doivent la remettre en liberté si elle continue d'être détenue uniquement pour avoir eu des relations sexuelles consenties», a affirmé le même collaborateur d’Amnesty.

Amnesty International appelle la communauté internationale à se préoccuper également des autres violations des droits humains, très graves, actuellement perpétrées en Iran. «Alors que le pays célébrait la journée nationale des étudiants mardi 7 décembre, les militants étudiants Milad Assadi, Behareh Hedayat, Majid Tavakkoli, Majid Dorri et Zia Nabavi purgeaient tous de lourdes peines d'emprisonnement prononcées uniquement parce qu'ils avaient milité sans violence. Ces hommes et les centaines d'autres prisonniers d'opinion actuellement incarcérés en Iran doivent être libérés immédiatement et sans condition.», nous rapporte le collaborateur d’Amnesty à Londres.

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