Manifestants à Téhéran, juin 2009 © AP/PA Photo/Ben Curtis
Manifestants à Téhéran, juin 2009 © AP/PA Photo/Ben Curtis

Après les élections Iran: les manifestant·e·s face à la torture et à la peine de mort

Près de 300 personnes qui ont manifesté contre le résultat des dernières élections de juin sont toujours emprisonnées dans les prisons iraniennes. Elles risquent la torture, le viol, voire la mort.


Neda Agha Soltan est devenue l’icône du mouvement de contestation qui a surgi des les rues de nombreuses villes d’Iran suite à l'élection présidentielle contestée de juin dernier. Agée de vingt-sept ans, elle a été abattue lors d’une manifestation pacifique. Ce n’est de loin pas la seule à être morte parce qu’elle n’avait pas accepté le résultat des élections. Les autorités iraniennes parlent de quarante personnes qui ont perdu la vie pendant cette vague de manifestations. Selon Amnesty International, il serait plutôt question de quatre-vingts morts. Les forces de sécurité, en particulier les milices paramilitaires bassidjis, ont utilisé une force disproportionnée contre plusieurs centaines de milliers de manifestant·e·s. Au moins 5 000 partisan·e·s de l’opposition, sans doute beaucoup plus, ont été arrêté·e·s, dont trois cents croupissent toujours dans la tristement célèbre prison Evin de Téhéran.

En prison, un grand nombre des personnes arrêtées ont été torturées. La quantité de témoignages faisant état de viols de femmes et d'hommes permet de supposer que les violences sexuelles ont été approuvées par les autorités supérieures afin de briser la volonté des détenu·e·s. « Au cours de mon cinquième interrogatoire, un gardien de prison m’a violée. Il était comme un animal », a témoigné Maryam Sabri, 21 ans, à Amnesty International. Elle a dû subir la même torture quatre fois encore.


Procès spectacle absurde

A la fin du mois de janvier 2010, Mohammad Reza Ali Zamani et Arash Rahmanipour ont été pendus. Il s'agissait des premières exécutions en rapport avec ces manifestations. Les deux hommes avaient été condamnés lors d’un procès absurde à grand spectacle. Des procédures similaires sont en cours depuis le premier août 2009 contre 150 autres membres de l'opposition. Au moins douze accusés ont été condamnés à mort.

A l’image de décembre de l’année passée, les autorités ont à nouveau réprimé des manifestations massives qui se sont déroulées le 11 février pour les 31 ans de la Révolution iranienne. Le gouvernement ne reconnaît aucune responsabilité, malgré les preuves accablantes de violations des droits humains. Dans un rapport publié au mois de février dernier devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les autorités prétendent fermement ne pas utiliser la torture pour extorquer des « aveux ». Ce qui ne correspond nullement à la réalité.

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