Iran Exécutions publiques de mineurs

2. Mai 2011
Amnesty International condamne la forte augmentation du nombre d'exécutions publiques en Iran, et particulièrement la mise à mort de mineurs délinquants.

Le 20 avril, deux mineurs délinquants, identifiés par les seules initiales A.N. et H.B., ont été pendus en public à Bandar Abbas, après avoir été déclarés coupables d'un viol et d'un meurtre commis alors qu'ils n'avaient que 17 ans.

L'Iran est l'un des rares pays du globe qui continue de prévoir la peine de mort pour des mineurs délinquants – à savoir les personnes reconnues coupables d'un crime commis alors qu'elles avaient moins de 18 ans – et le seul  pays , à notre connaissance, à avoir exécuté un mineur en 2010. Or, le droit international prohibe totalement l'exécution de mineurs délinquants.

«Non seulement ces jeunes hommes ont été pendus pour des crimes commis alors qu'ils avaient moins de 18 ans, mais ils l'ont été sur la place publique», constate une porte-parole d’Amnesty International. «Les exécutions publiques sont une violation du droit à la vie, mais aussi un terrible affront à la dignité humaine, qui ne saurait être toléré.»

Spectacle détestable

Depuis le début de l'année 2011, au moins 13 hommes ont été pendus en public, alors que sur l'ensemble de l'année 2010 Amnesty International en avait recensé 14 en s'appuyant sur des sources iraniennes officielles. En Iran, les exécutions publiques se déroulent généralement à l'aide de grues qui soulèvent dans les airs le condamné auquel on a passé une corde autour du cou. La population en est informée à l'avance.

Des experts des Nations unies dans le domaine des droits humains ont clairement affirmé que les exécutions en public ne servaient aucun intérêt légitime et ne faisaient qu'amplifier le caractère cruel, inhumain et dégradant de ce châtiment.

«Il est vraiment choquant qu'en dépit d'un moratoire sur les exécutions publiques instauré en 2008, les autorités iraniennes cherchent une fois encore à intimider leurs citoyens et citoyennes  par de tels spectacles, qui déshumanisent les victimes et avilissent ceux qui y assistent», a critiqué la porte-parole d’Amnesty.

Forte augmentation d’exécutions

L'Iran a connu une forte augmentation du nombre d'exécutions en décembre 2010 et janvier 2011, avec pas moins de 86 personnes exécutées pour le seul mois de janvier. D'après des sources officielles, au moins 135 personnes ont été exécutées depuis le début de l'année – dont 10 en public. Selon des informations crédibles, plus de 40 autres ont subi le même sort, sans que les autorités ne reconnaissent ces faits.