Iran Dix hommes exécutés

23 octobre 2012
Un commerçant reconnu coupable d’une infraction à la législation sur les stupéfiants et 9 autres hommes ont été exécutés en Iran lundi 22 octobre 2012 à l’aube. La mise à mort a eu lieu malgré les appels adressés aux autorités par Amnesty International et des experts des droits humains de l’ONU pour qu’ils aient la vie sauve.

Saeed Sedeghi Saeed Sedeghi. © DR

Saeed Sedeghi, reconnu coupable d’une infraction à la législation sur les stupéfiants, a pu rencontrer «une dernière fois» sa mère à la prison d'Evin dimanche 21 octobre 2012.  La famille de Saeed Sedeghi a informé Amnesty International que sa dépouille leur avait été rapidement restituée après l’exécution.

D’après ses proches, Saeed Sedeghi avait perdu beaucoup de poids et il n’a pas été autorisé à appeler d’autres parents pour leur dire adieu avant son exécution.

Ses proches ont raconté à Amnesty International qu’il leur avait confié qu’après le report de son exécution, il avait été torturé en prison, et notamment soumis à un simulacre d'exécution. Il a ajouté que lors de sa détention à la prison d'Evin, on lui avait enjoint d’«avouer» sa culpabilité devant une caméra, ce qu’il avait refusé.

Menaces sur la famille du commerçant exécuté

Après l’exécution de Saeed Sedeghi, les autorités ont mis en garde sa famille contre le fait de parler aux médias et lui ont interdit d’organiser une cérémonie funéraire publique après son inhumation.

Le 11 octobre, le frère de Saeed Sedeghi, Majid, a été arrêté pour avoir accordé des interviews au sujet de son frère à BBC Persian, le service d'information en langue persane de la BBC, et à Voice of America. Il a été placé en détention à la prison d'Evin avant d’être libéré sous caution quatre jours plus tard.

«L’exécution de Saeed Sedeghi et des neuf autres hommes s’inscrit dans la frénésie d’homicides judiciaires observée en Iran ; plus de 360 personnes ont été mises à mort depuis le début de l’année 2012, la majorité pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants. Ces exécutions infligent une souffrance inutile à des familles iraniennes, en plus d’être erronées, inefficaces, et de constituer un affront aux droits les plus élémentaires», a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

«Nous continuons d’exhorter les autorités iraniennes à commuer les sentences capitales de tous les condamnés à mort et à supprimer ce châtiment des peines encourues par les accusés reconnus coupables d’infractions liées aux stupéfiants», a conclu Ann Harrison.