Reza et Mehraveh Khandan, le mari et la fille de Nasrin Sotoudeh. © privé
Reza et Mehraveh Khandan, le mari et la fille de Nasrin Sotoudeh. © privé

Iran il faut libérer de manière définitive Nasrin Sotoudeh

24 janvier 2013
Une éminente avocate iranienne spécialisée dans la défense des droits humains a été renvoyée en prison lundi 21 janvier, après que la permission de sortie de trois jours lui ayant été accordée pour qu’elle rende visite à sa famille ait été écourtée. Elle s’attendait pourtant à ce qu’elle soit prolongée. Amnesty exige sa libération immédiate.

Nasrin Sotoudeh, qui a commencé à purger une peine de six ans d’emprisonnement en septembre 2010, a pu bénéficier de sa première permission hors de la prison d’Evin (Téhéran) jeudi 17 janvier, après le versement d’une caution élevée.

Amnesty International agit depuis longtemps en vue d’obtenir sa libération sans condition car cette femme est une prisonnière d’opinion ; elle est en effet emprisonnée uniquement en raison de ses activités pacifiques en tant qu’avocate défenseure des droits humains. «La permission de sortie de Nasrin Sotoudeh, d’une durée de trois jours, n’était en fait qu’un simulacre cruel et illustre le peu de respect qu’ont les autorités iraniennes pour leurs obligations internationales relatives aux droits humains.»

Répercussions sur la famille de Nasrin Sotoudeh

Des charges rédigées en termes vagues comme celles retenues contre cette femme ne constituent pas des infractions prévues par la loi, mais elles mènent régulièrement à l’incarcération de prisonniers d’opinion.

«De plus en plus souvent, les autorités iraniennes emploient la privation de visites familiales comme une forme de châtiment contre les défenseurs des droits humains emprisonnés. Les enfants de prisonniers souffrent souvent profondément de l’absence de leur parent, et interdire ces visites ne fait qu’aggraver leur détresse», a poursuivi Ann Harrison.

Avant cette récente libération de trois jours – mesure prévue par le droit iranien – Nasrin Sotoudeh a régulièrement été empêchée de voir son époux, Reza Khandan, et leurs deux jeunes enfants depuis son emprisonnement en 2010. Il lui a en outre fréquemment été interdit de parler avec sa famille. Pendant ce temps, les autorités iraniennes ont harcelé des membres de sa famille et pris des mesures punitives contre ceux-ci.

Son époux a ainsi été placé en détention pendant 24 heures pour avoir mené une action de plaidoyer pacifique en faveur de la libération de Nasrin Sotoudeh. Les autorités ont par ailleurs imposé une interdiction de voyager illégale à leur fille de 13 ans, ce qui a poussé Nasrin Sotoudeh à observer une grève de la faim pendant 49 jours en prison l’an dernier.

Six ans de prison pour «Propagande»

Nasrin Sotoudeh a été condamnée à six ans d'emprisonnement pour motif de «propagande contre le système» et pour supposément être membre d'une «organisation illégale».

«Nasrin Sotoudeh, dont le travail en faveur des droits humains a été reconnu au niveau international, [...]est une prisonnière d’opinion et doit être remise en liberté immédiatement, sans condition et de manière définitive», a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Consultez la déclaration complète d'Amnesty