Iran Répression de l'opposition avant l'élection

Les autorités iraniennes ont intensifié la répression contre les opposants à l'approche de l'élection présidentielle qui aura lieu le 14 juin.

130612_iran2_square.jpg La répression politique avait déjà été dénoncée lors des dernières élections présidentielles, en 2009 © Javad Montazeri

La synthèse Iran: Repression of dissent intensifies in run-up to presidential elections documente des dizaines d'arrestations arbitraires et autres violations des droits humains visant les journalistes, les militants politiques, les syndicalistes et les défenseurs de droits plus étendus pour les minorités ethniques et religieuses et les étudiants en Iran.

«L'intensification de la répression est une tentative scandaleuse par les autorités iraniennes de faire taire les critiques avant l'élection présidentielle», a déclaré Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty International.

Depuis le début de mars dernier, au moins cinq journalistes ont été arrêtés en relation avec leur travail. Deux autres journalistes de l'agence de presse Mukrian, Khosro Kordpour et Massoud Kordpour, de la minorité kurde iranienne, ont été arrêtés par les forces de sécurité dans la région occidentale du Kurdistan et détenus sans inculpation le 7 et le 9 mars respectivement. Un certain nombre de militants politiques et de représentants syndicaux ont également été arrêtés et harcelés par les autorités ces derniers mois.

Le 1er juin, certains membres de l'équipe de campagne du candidat à la présidentielle Hassan Rouhani ont été arrêtés à la suite d'un rassemblement au cours duquel les participants ont scandé des slogans demandant la levée de l'assignation à résidence des anciens candidats à la présidentielle et leaders de l'opposition Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi. Selon des rapports de presse les deux hommes sont détenus à l'isolement dans la prison d'Evin, à Téhéran.

Des dizaines de prisonniers politiques, dont des prisonniers d'opinion qui ont été arrêtés lors des manifestations anti-gouvernementales généralisées après l'élection présidentielle de 2009, restent en prison. Quatre ans plus tard, les autorités iraniennes n'ont pas réussi à traduire en justice les responsables de la mort de nombreuses personnes lors de ces manifestations post-électorales. Elles ont en revanche persécuté les proches des personnes tuées dans le but de les réduire au silence.

Les membres des minorités ethniques et religieuses ont également été pris pour cible et condamnés à des peines de prison. C'est le cas de Yeni Gamoh, représentant les intérêts azerbaidjanais en Iran, et de Saeed Abedini, un pasteur chrétien irano-américain.

«Les autorités iraniennes doivent permettre à tous les individus et tous les groupes d'exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion, même quand ils expriment leur opposition aux politiques et aux pratiques de l'État», a déclaré Philip Luther. «Les personnes détenues pour leur activité d'opposants sont des prisonniers d'opinion et doivent être libérées immédiatement et sans condition.»

Communiqué de presse publié le 12 juin 2013, Londres-Lausanne
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