Iran Le nouveau président doit tenir ses promesses concernant les droits humains

18 juin 2013
Hassan Rouhani, un dignitaire religieux âgé de 64 ans, a remporté l'élection présidentielle en Iran. Décrit comme modéré et pragmatique, son mandat pourrait constituer un pas en avant dans le respect des droits humains dans le pays.

130618_iran_women_rights.jpg Les femmes irnaiennes aspirent à plus d'égalité © Amnesty International

Lors de sa campagne électorale, Hassan Rouhani a pris plusieurs engagements afin d’améliorer le très mauvais bilan de l’Iran sur le terrain des droits humains. À l’occasion de son premier discours lundi 17 juin 2013, le président élu a déclaré qu’il n’oubliera jamais les promesses qu’il a faites au peuple iranien. Amnesty International suivra de près les actes du président afin de s’assurer qu’il tienne parole. «Les gens attendent des mesures concrètes. À commencer par la libération des prisonniers politiques, notamment les dirigeants de l'opposition, comme les Iraniens l’ont répété dans la rue après l’annonce des résultats de l’élection.» a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Un programme riche en promesses

Parmi les projets de Hassan Rouhani figure une «charte des droits civils» appelant à l’égalité pour tous les citoyens, dans le but de mettre fin aux discriminations. Ce texte préconiserait par ailleurs une liberté accrue pour les partis politiques et aux minorités, et le respect des droits à un procès équitable, à la liberté de réunion et à une protection juridique pour tous.

Le président élu a par ailleurs critiqué la ségrégation liée au genre dans les établissements scolaires. Il a fait plusieurs promesses concernant l'amélioration de la situation des droits des femmes en Iran, notamment en proposant de nouveaux projets de loi sur les femmes, en établissant le premier ministère iranien de la Femme, et en garantissant la parité dans le milieu professionnel.

Enfin, Hassan Rouhani a insisté sur l’importance de la liberté d’expression – notamment sur Internet –, et sur la nécessité d'autoriser l'expression de critiques à l'égard du gouvernement. Amnesty Suisse se réjouit particulièrement de cette déclaration qui va dans le sens de sa campagne «Exprime-toi, liberté», pour la liberté d’expression au Moyen-Orient.

«L’élection d’Hassan Rouhani représente une opportunité pour réévaluer l’importance du respect de l’état de droit. Elles doivent immédiatement relâcher l’ensemble des prisonniers d’opinion, et mettre fin au harcèlement visant les défenseurs des droits et les journalistes, ainsi que leurs proches», a expliqué Hassiba Hadj Sahraoui. «Hassan Rouhani a la possibilité de véritablement faire bouger les choses pour les Iraniens. Reste à voir si, et dans quelle mesure, il tiendra ses promesses électorales et mènera de véritables réformes.»