Les manifestations ont débuté le 15 novembre à la suite de l’annonce par le gouvernement d’une hausse des prix du carburant qui va nuire à la population, déjà durement touchée par la crise économique. ©Privé
Les manifestations ont débuté le 15 novembre à la suite de l’annonce par le gouvernement d’une hausse des prix du carburant qui va nuire à la population, déjà durement touchée par la crise économique. ©Privé

Iran Les émeutes ont fait plus de 140 morts

26 novembre 2019
Le bilan a été revu à la hausse: au moins 143 personnes, et non 106 comme indiqué précèdemment, ont été tuées par les forces de l'ordre dans le mouvement de contestation qui a secoué l'Iran plus tôt en novembre. Un nombre qui pourrait encore s'alourdir, déplore Amnesty International.

La communauté internationale doit dénoncer l'usage intentionnel et meurtrier de la force par les forces de sécurité iraniennes, qui a entraîné la mort d'au moins 143 manifestants depuis le début des manifestations le 15 novembre, a déclaré Amnesty International.

Selon des informations crédibles reçues par l'organisation, au moins 143 personnes ont été tuées. Les décès sont presque entièrement attribuables à l'utilisation d'armes à feu. Un homme serait mort après avoir inhalé des gaz lacrymogènes, un autre après avoir été battu. Amnesty International estime que le nombre de morts est beaucoup plus élevé et poursuit son travail d'enquête.

«L'augmentation du nombre de morts est une indication alarmante du traitement impitoyable réservé aux manifestants non armés par les autorités iraniennes», a déclaré Philip Luther, directeur du programme Recherche et plaidoyer pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International.

«L'augmentation du nombre de morts est une indication alarmante du traitement impitoyable réservé aux manifestants non armés par les autorités iraniennes». Philip Luther, directeur du programme Recherche et plaidoyer pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, l'UE et un certain nombre d'États ont condamné ce qu'ils ont décrit comme un recours apparent à une force excessive. Mais leurs réponses n'ont pas reconnu explicitement le recours à la force meurtrière contre les manifestants, malgré la multiplication des preuves allant dans ce sens.

«La réaction prudente et modérée de la communauté internationale face à l'assassinat illégal de manifestants est terriblement inadéquate. Elle doit condamner ces meurtres avec la plus grande fermeté et décrire ces événements pour ce qu'ils sont: l'usage mortel et totalement injustifié de la force pour écraser la dissidence», a déclaré Philip Luther.

Des violences injustifiées

Des témoignages horribles de témoins et de proches de victimes sur le terrain, des informations recueillies auprès de militants des droits humains et de journalistes à l'extérieur de l'Iran, et de nombreuses séquences vidéo analysées par le Digital Verification Corps d'Amnesty International montrent clairement que les forces de sécurité iraniennes ont délibérément utilisé des armes à feu contre des manifestants non armés qui ne représentaient aucune menace pour leur vie ou la vie d'autrui. Des vidéos vérifiées montrent les forces de sécurité tirant délibérément sur des manifestants non armés à courte distance. Dans certains cas, des manifestants ont été abattus alors qu'ils s'enfuyaient et ne représentaient clairement aucune menace pour les forces de sécurité. D'autres vidéos montrent les forces de sécurité tirant vers les manifestants depuis les toits des bâtiments de l'État, dont un bâtiment du Ministère de la Justice.

Même si une petite minorité de manifestants a recours à la violence, les forces de sécurité doivent toujours faire preuve de retenue et ne faire usage de la force que de manière proporitionnée et légale.

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