Nasrin Sotoudeh © private
Nasrin Sotoudeh © private

Action lettre Iran: Nasrin Sotoudeh est en danger

5 octobre 2020
La santé de Nasrin Sotoudeh, avocate spécialiste des droits humains actuellement emprisonnée, est mise en péril. Alors qu'elle était hospitalisée et qu'un médecin avait indiqué qu'elle avait besoin d'une intervention médicale cardiaque, les autorités iraniennes l’ont renvoyée en prison.

L'avocate et defenseure des droits humains avait été hospitalisée lorsque son état de santé s’était gravement détérioré pendant la grève de la faim qu’elle avait entamée le 10 août 2020 pour protester contre les violations des droits humains commises par les autorités iraniennes dans le cadre du système pénal, notamment leur refus de libérer des personnes détenues pour des motifs à caractère politique qui pouvaient prétendre à une libération conditionnelle.

Après le transfert de Nasrin Sotoudeh de la prison d’Evin à l’hôpital, elle a été admise en unité de soins intensifs et surveillée par des agents des forces de sécurité, dont certains sont restés dans sa chambre en permanence et se sont immiscés, en toute impunité, dans sa vie privée pendant des examens médicaux.

Complément d'information

Nasrin Sotoudeh s'est engagée en faveur des droits humains tout au long de sa vie, et notamment contre la peine de mort qui est encore appliquée régulièrement en Iran. En tant qu'avocate, elle a également défendu devant les tribunaux des femmes qui ont protesté contre les lois relatives au port obligatoire du voile (hijab).

Elle a été arrêtée à son domicile à cause de ses activités le 13 juin 2018, après avoir été condamnée à cinq ans de prison en septembre 2016, dans le cadre d’un autre procès actuellement pendant en deuxième instance. Les charges qui pèsent contre elle sont directement liées à son travail d'avocate: elle est accusée notamment d'«incitation à la corruption et à la prostitution», d’«apparition en public sans porter le hijab» et de «trouble àl'ordre public». Si les deux jugements devaient être confirmés, Nasrin serait condamnée à passer 38 ans derrière les barreaux. La peine qui lui a été infligée est la plus sévère jamais imposée en Iran à une militante des droits humains ces dernières années – le signe évident d'une répression croissante dans le pays. Nasrin est ainsi séparée de son mari – également militant des droits humains – et de ses deux enfants. Elle n’est également plus en mesure d’exercer son travail d'avocate des droits humains.