Israël et territoires occupés Les ONG palestiniennes sous haute pression

13 décembre 2012
Aux premières heures du 11 décembre 2012, des militaires de l'armée israélienne ont effectué une descente dans les bureaux de trois ONG palestiniennes à Ramallah ; ils ont saisi des ordinateurs, des documents et du matériel, puis ont saccagé les lieux. Ces événements sont les derniers exemples d'une situation de harcèlement systématique des militants des territoires palestiniens occupés.

«L'opération israélienne contre Addameer (Association de soutien aux prisonniers et de défense des droits humains), le Réseau des ONG palestiniennes et l'Union des comités de femmes palestiniennes s'inscrit dans le cadre d'une offensive plus générale. Celle-ci vise les organisations palestiniennes de la société civile et de défense des droits humains, et ceux qui y travaillent», a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

«Ce harcèlement systématique a semble-t-il pour objectif d'entraver leurs activités essentielles. »

Il n'est pas rare que les autorités israéliennes, sur la base d'informations secrètes, restreignent la liberté de mouvement des défenseurs des droits humains et d'autres militants en Cisjordanie, et les empêchent de circuler entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. Par ailleurs les ONG de Gaza ont subi les conséquences directes de la récente offensive militaire israélienne dans le territoire.

Amnesty International a demandé à l'armée israélienne des informations sur les raisons ayant motivé l'opération du 11 décembre 2012, mais n'a pas encore reçu de réponse.

Le président d'une ONG victime d'intimidations

L'organisation est en particulier préoccupée par les manœuvres de harcèlement dont l'ONG Addameer fait l'objet depuis plusieurs mois de la part des autorités israéliennes. Le président d’Addameer, Abdullatif Ghaith, est notamment sous le coup d'ordonnances militaires lui interdisant de se rendre en Cisjordanie et de voyager à l'étranger.

Il est fréquent que les autorités israéliennes empêchent les avocats d'Addameer de rendre visite aux prisonniers et aux détenus dont ils assurent la défense. Amnesty International est particulièrement inquiète du sort d'Ayman Nasser, défenseur des droits humains et chercheur à Addameer, qui, selon son avocat, a été torturé durant le long interrogatoire qu'il a subi après son arrestation par les forces israéliennes le 15 octobre.

«Rien ne peut justifier, à aucun moment, les restrictions arbitraires à la liberté de circulation, les attaques contre les associations de la société civile et les organisations de défense des droits humains, et la torture de défenseurs des droits humains. Il faut que tout cela cesse, maintenant, et que les responsables soient amenés à rendre compte de leurs actes», a conclu Ann Harrison.

Pour en savoir plus sur la liberté de mouvement dans les territoires occupés, lisez ici notre entretien avec Roni Hammermann.

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