Libye Aide humanitaire compromise jusqu’à Syrte

3 octobre 2011
Toutes les parties au conflit armé libyen doivent agir en vue d'épargner la vie des civils et garantir que l’aide dont ils ont besoin puisse être acheminée en toute sécurité jusqu'à Syrte, et cela d'autant plus urgemment que des informations font état de la détérioration rapide de la situation humanitaire dans la ville côtière.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu se rendre à Syrte samedi 1er octobre 2011, où il a constaté de graves pénuries de fournitures médicales et autres, tandis que les habitants continuent de vivre sous la menace des tirs sans discrimination. L’équipe du CICR a pu amener la première aide humanitaire depuis mi-septembre, lorsque le siège de la ville a commencé.

En revanche, l’équipe du CICR n’a pas été en mesure de s’y rendre lundi 3 octobre 2011, en raison des problèmes de sécurité.

«Les forces des deux camps doivent prendre les précautions nécessaires afin d’épargner la vie des civils et mettre immédiatement en place des couloirs humanitaires afin que les fournitures et denrées dont ils ont cruellement besoin puissent être acheminées en toute sécurité jusqu’aux habitants de Syrte, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

«Tous les civils qui souhaitent quitter la ville de Syrte doivent être autorisés à le faire immédiatement, dans la dignité et la sécurité.»

Afin de mettre en place des couloirs humanitaires, il convient notamment de définir clairement des zones neutres et des itinéraires négociés, afin que le personnel des organisations humanitaires puisse se rendre en sécurité auprès des malades et des blessés.

Civils de Syrte utilisés comme gilets pare-balles

D’après les médias, la vie des civils pris au piège à Syrte est mise en péril par les affrontements qui se poursuivent, tandis que leurs réserves de fournitures médicales, de nourriture, de carburant et d’eau s’amenuisent.

Le principal hôpital de Syrte, Ibn Sina, aurait pris feu durant le week-end.

Toutes les personnes impliquées dans les combats sont légalement tenues d’épargner la vie des civils et doivent cesser sur-le-champ d’utiliser des armes frappant sans discrimination, comme les roquettes Grad, et de tirer obus et mortiers sur des zones d'habitation», a affirmé Hassiba Hadj Sahraoui.

Le droit international humanitaire interdit l’utilisation d’armes qui sont non discriminantes par nature ou qui ne peuvent pas cibler des objectifs militaires spécifiques.

Selon les éléments de preuve recueillis par Amnesty International, les troupes du colonel Mouammar Kadhafi ont commis des crimes de guerre tout au long du conflit, notamment des attaques ciblant des civils ou menées sans discrimination.

Elles ont effectué des tirs d’artillerie, de mortiers et de roquettes contre des zones civiles et utilisé des armes frappant sans discrimination par nature, telles que des mines antipersonnel et des bombes à sous-munitions. En outre, des chars et des équipements militaires lourds ont été cachés dans des zones d’habitation.

L'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) accuse les forces pro-Kadhafi d’utiliser des civils comme boucliers humains à Syrte.

Quant aux forces anti-Kadhafi, on sait qu’elles utilisent des roquettes Grad, projectiles non guidés qui constituent un danger mortel dans des zones habitées par des civils.

«Le Conseil national de transition (CNT), qui s’est publiquement engagé à respecter le droit international humanitaire et relatif aux droits humains, doit veiller à ce que les forces hostiles à Kadhafi respectent ces normes et s’abstiennent de se livrer à des attaques punitives et autres représailles», a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui.