Libye Le prisonnier d'opinion Jamal al Hajji est enfin libre

5 septembre 2011
Un éminent prisonnier d'opinion libyen remis en liberté remercie Amnesty International pour avoir œuvré en faveur de sa libération durant sa détention.

Jamal al Hajji, détracteur de longue date du colonel Mouammar Kadhafi, a été libéré de la tristement célèbre prison d'Abou Salim le 24 août, après avoir passé sept mois en détention au secret pour avoir réclamé des réformes.

La Section suisse d'Amnesty lançait en parallèle à à la campagne en faveur de Max Göldi et Rachid Hamdani action en ligne pour Jamal al Hajji.

«Les mots ne peuvent exprimer ma gratitude pour le soutien que m'a apporté Amnesty International. Je veux remercier tous les membres et employés d'Amnesty International qui ont mis en lumière mon calvaire pendant toutes ces années», a-t-il déclaré aux délégués de l'organisation qui l'ont rencontré chez lui à Tripoli.

Emprisonné pour avoir exprimé son opinion

Jamal al Hajji a été arrêté par des agents des forces de sécurité libyennes en civil le 1er février, au motif qu'il avait provoqué un accident de voiture. Il avait auparavant publié des articles sur des sites étrangers appelant à manifester contre le gouvernement.

Le militant a été détenu dans des conditions terribles, maintenu à l'isolement pendant trois mois, sans aucun contact avec le monde extérieur, au Bureau des renseignements généraux de Nasr, à Tripoli.

«Les toilettes étaient à l'intérieur de la cellule, qui n'avait pas d'aération. Les gardiens se gardaient bien d'y entrer. On m'a donné une couverture tachée du sang d'autres prisonniers, les insectes rampaient partout et on ne m'a rien donné pour me laver. Je ne pouvais même pas me tenir debout là-dedans», a-t-il raconté à Amnesty International.

Jamal al Hajji a été sorti de sa cellule une fois pour être interrogé. On lui a alors bandé les yeux et on lui a reproché d'inciter à manifester et de soutenir la campagne militaire de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) en Libye.

Il a plus tard été transféré à la prison d'Abou Salim, où il a été enfermé dans une petite cellule – prévue pour le maintien à l'isolement – en compagnie d'un autre détenu. Il a passé trois mois sans pouvoir s'allonger correctement et souffre désormais de douleurs au dos et à la poitrine, séquelles de ces conditions éprouvantes.

«C'est incroyable de voir jusqu'où certains dirigeants sont prêts à aller pour rester au pouvoir. Nous devons soutenir toutes les personnes qui réclament davantage de liberté et le respect des droits fondamentaux. Lorsque les droits de personnes innocentes sont bafoués quelque part dans le monde, nous devons tous nous lever, partout dans le monde, pour les défendre», a-t-il confié à Amnesty International.

Jamal al Hajji avait déjà été incarcéré par le gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi, de février 2007 à mars 2009, pour avoir appelé à manifester lors de la commémoration d'une répression cruelle contre un rassemblement hostile au gouvernement.

Il avait de nouveau été arrêté en décembre 2009 et détenu pendant plus de quatre mois, parce qu'il s'était plaint d'avoir subi des mauvais traitements au cours de sa première incarcération.