Libye Une délégation du Croissant-Rouge iranien capturée

2 août 2012
Des miliciens armés opérant en Libye ont enlevé sept membres du Croissant-Rouge iranien, mardi 31 juillet 2012. Un enlèvement extrêmement inquiétant.

Mardi 31 juillet 2012, à 1 heure du matin, la délégation du Croissant-Rouge iranien a été interceptée sur une route de Benghazi, ville située dans l’est du pays, et enlevée par un groupe d’inconnus armés qui n’ont pas présenté de mandat d’arrêt. On ignore ce qu’il est advenu des sept membres de l’organisation et où ils se trouvent. Leur chauffeur libyen n’a pas été enlevé et a pu partir.

Le Croissant-Rouge libyen avait invité son homologue iranien à lui rendre visite, et à rencontrer notamment le conseil local de Benghazi.

L’enlèvement a eu lieu alors que les travailleurs humanitaires rentraient en voiture à l’hôtel Tebesti, après une réunion au siège du Croissant-Rouge libyen, à Benghazi, tard dans la nuit du lundi 30 juillet 2012.

Ravisseurs non identifiés

«Les sept membres du Croissant-Rouge iranien doivent retrouver la liberté. En attendant, les miliciens armés qui les retiennent captifs doivent immédiatement les laisser prendre contact avec le monde extérieur et assurer leur sécurité», a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Selon le secrétaire général du Croissant-Rouge libyen, Abdulhamid Elmadani, les efforts déployés pour entrer en contact avec tous les organes civils, militaires et de sécurité connus de Benghazi n’ont pas encore permis de localiser la délégation iranienne ni d’identifier ses ravisseurs.

Le Croissant-Rouge libyen a engagé les miliciens armés retenant captifs les membres de la délégation de les relâcher compte tenu de la solidarité affichée par le Croissant-Rouge iranien lors de la «Révolution du 17 février», en 2011, qui avait conduit au renversement du gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi, et du soutien que leur avait alors apporté l’organisation.

Milices armées hors contrôle

«Il est extrêmement inquiétant que les sept Iraniens invités en Libye pour discuter de coopération dans le domaine humanitaire aient été enlevés et soient retenus captifs au mépris de la loi. Le sort de ces personnes fait apparaître qu’il est urgent pour les autorités libyennes de mettre au pas les milices armées qui fonctionnent en dehors de tout contrôle», a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.

En Libye, des milices armées continuent de se rendre coupables de violations massives des droits humains, en toute impunité.

Depuis que la capitale Tripoli est tombée aux mains des forces opposées au colonel Kadhafi il y a près d’un an, des milices armées ont arrêté plusieurs milliers de soldats et de personnes soupçonnées d’être fidèles au colonel Kadhafi, ainsi que des étrangers accusés d’être des «mercenaires» ou d’être entrés illégalement dans le pays. Un grand nombre d’entre eux ont été torturés ou soumis à d’autres mauvais traitements en détention.

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