Libye Appel de la CPI pour le transfert de Saif al Islam Kadhafi

5 avril 2012
La décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’ordonner à la Libye de lui remettre immédiatement Saif al Islam Kadhafi est un pas en avant en faveur de la justice et de l’obligation de rendre des comptes.

«Cette décision claire prononcée par les juges de la CPI devrait en pratique mettre fin à la saga à rebondissements concernant le sort réservé à Saif al Islam Kadhafi», a estimé Marek Marczyński, responsable de l’équipe Justice international d’Amnesty International.

«La Libye doit mettre la décision de la CPI à exécution et transférer Saif al Islam Kadhafi sans plus de délais. Un procès inique devant un tribunal libyen où l’accusé encourt la peine de mort n’est pas le meilleur moyen de veiller à ce que justice soit faite et à ce que des comptes soient rendus.»

«La CPI a indiqué qu’elle pourrait s'adresser au Conseil de sécurité si le gouvernement libyen ne respectait pas la décision prononcée par les juges.»

«En l’absence d’un système judiciaire opérant en Libye, et tant que la justice libyenne restera faible et incapable de mener de véritables enquêtes, la CPI sera un mécanisme essentiel dans l’établissement des responsabilités en Libye.»

Selon des informations relayées par les médias jeudi 5 avril 2012, les autorités libyennes avaient exigé avec insistance que Saif al Islam Kadhafi soit jugé dans le pays malgré la décision de la CPI.

Les droits de Saif al Islam Kadhafi doivent être respectés

Depuis sa capture en novembre 2011, Saif al Islam Kadhafi est détenu à l’isolement dans un lieu tenu secret à Zintan, sans pouvoir s’entretenir avec un avocat ni contacter sa famille. La décision de la CPI confirme une nouvelle fois que les droits du suspect doivent être protégés.

Amnesty International demande à la CPI et aux autorités libyennes de prendre des mesures en urgence afin que les droits de Saif al Islam Kadhafi soient garantis.

Il est recherché pour crimes contre l'humanité, en relation avec la répression violente menée par le gouvernement de son père contre les manifestations.

Le système de justice libyen reste quasiment paralysé et des poursuites pénales n'ont pas encore été engagées contre des milliers de détenus qui sont pour la plupart incarcérés en dehors du cadre de la loi et accusés de crimes de guerre et d’autres violations dans le cadre du conflit.

L'énorme majorité des détenus n’a pas encore pu s’entretenir avec des avocats. Amnesty International déplore que des détenus aient été forcés à apposer leur signature et/ou l’empreinte de leur pouce au bas d'«aveux» arrachés sous la torture ou la contrainte.