Maroc Etouffement des manifestations

28 février 2011
Amnesty International a condamné le 24 février la dispersion violente de manifestants pacifiques par les forces de sécurité marocaines à Rabat, la capitale du pays, les 21 et 22 février 2011. L’organisation appelle les autorités marocaines à enquêter sur les faits qui ont conduit à l’hospitalisation de nombreux manifestants.

Au Maroc, les forces de sécurité ont tenté d’étouffer les manifestations pacifiques par la répression violente. Amnesty International s’inquiète du fait que lors des rassemblements des 21 et 22 février 2011, les forces de sécurité ont eu recours à la force sans avertissement et sans que cela se justifie.

Amnesty International appelle les autorités marocaines à mener des enquêtes approfondies, impartiales et indépendantes sur les allégations de recours à une force excessive par les forces de sécurité les 21 et 22 février 2011 et à faire en sorte que les responsables des violences aient à rendre compte de leurs actes.

À l’issue de ces enquêtes, des recommandations devront être faites concernant les actions appropriées,disciplinaires ou autres devant être prises contre les agents ayant eu recours à une force excessive ou commis des violences, des réparations devront être accordées aux blessés et des mesures prises pour éviter le recours à une force excessive à l’avenir.

L’organisation demande en outre instamment aux autorités marocaines de donner publiquement des instructions claires à toutes les branches des forces de sécurité, en insistant sur le fait que le recours à une force excessive est inacceptable.Au regard des normes internationales, comme le Code de conduite des Nations unies pour les responsables de l’application des lois (Code de conduite), les policiers peuvent recourir à la force seulement lorsque cela est strictement nécessaire et dans la mesure exigée par l'accomplissement de leurs fonctions

Manifestants frappés et hospitalisés

Le soir du 21 février 2011, les forces de sécurité ont dispersé un groupe d’une trentaine de personnes qui s’étaient rassemblées sur la place Bab El Had pour réclamer des réformes. Des manifestants ont déclaré avoir été frappés et au moins sept d’entre eux ont été hospitalisés, notamment Khadija Riyadi, présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) qui a reçu un coup de poing dans l’estomac.

D’autres manifestants auraient nécessité des soins pour des blessures telles que des côtes fracturées et des blessures à la tête. Un des manifestants hospitalisé serait âgé de plus de 60 ans.

Les forces de sécurité qui ont dispersé la manifestation appartiendraient aux Forces auxiliaires marocaines (FAM), chargées de certaines fonctions de maintien de l’ordre public et au Corps mobile d’intervention (CMI). Les autorités marocaines ont souvent recours à ces unités pour disperser des manifestations pacifiques.

Le lendemain, une nouvelle tentative de rassemblement pacifique place Bab El Had a également été dispersée par le CMI. Des manifestants ont déclaré avoir été frappés à coups de matraque, de pied et de poing  et insultés.

Cinq manifestants ont été transportés à l’hôpital après la dispersion, dont Abdelhalek Benzekri, vice-président de l’AMDH, qui a été blessé au bras.