Maroc et Sahara Occidental deux ans de trop: protéger enfin les manifestants

21 février 2013
Deux ans après que des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Rabat, de Casablanca et d’autres villes marocaines pour réclamer une réforme, les manifestations sont toujours systématiquement réprimées dans le pays. Des allégations inquiétantes de torture ont notamment été relevées.

130221_maroc_torture_article.jpg Une manifestation contre l'usage de la torture à Rabat. © Rachid Tniouni

Le Mouvement du 20 février, créé dans le sillage des soulèvements populaires qu’a connus la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, exige un plus grand respect des droits humains et de la démocratie, de meilleures conditions économiques et la fin de la corruption.

À ce jour, plusieurs dizaines de militants affiliés à ce mouvement seraient maintenus en détention pour avoir exprimé leurs opinions de manière pourtant pacifique. Certains ont affirmé avoir été torturés ou autrement maltraités en détention.

«Il est incompréhensible que les pouvoirs publics continuent de réprimer violemment les voix critiques, en violation flagrante de la nouvelle constitution adoptée en juillet 2011, qui garantit les droits à la liberté d’expression, de manifestation pacifique et d’association, a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Les réformes officielles mises en œuvre par les autorités marocaines semblent avoir pour but de se débarrasser des critiques de la part des partenaires internationaux tandis que la répression des manifestations continue.»

Les réformes officielles mises en œuvre par les autorités marocaines semblent avoir pour but de se débarrasser des critiques
Allégations de torture en détention

En septembre 2012, six membres du Mouvement du 20 février ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 10 mois d’emprisonnement pour outrage à agent et violences contre des policiers. Ils ont tous les six déclaré avoir été victimes d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements. Ils ont été remis en liberté en janvier 2013.
Mohamed Messaoudi, un avocat qui a défendu de nombreux militants liés au Mouvement du 20 février, a indiqué avoir récemment noté une intensification de la répression exercée par l’État contre les rassemblements organisés par le groupe. Il a ajouté que des mauvais traitements étaient très souvent infligés à des militants pendant ou après leur arrestation, et que la torture était pratiquée..

«Les manifestations pacifiques doivent pouvoir se dérouler sans faire l’objet de mesures de harcèlement ou de répression, et les participants à ces manifestations ou d’autres personnes ne doivent en aucun cas être arrêtés et détenus arbitrairement. Il convient d’ouvrir sans délai une enquête sur toutes les allégations de mauvais traitements et d’actes d’intimidation, et de traduire en justice les responsables présumés de ces agissements», a indiqué Ann Harrison.