Les ados risquent jusqu'à deux ans de prison pour avoir posté cette image sur le réseau social. © DR
Les ados risquent jusqu'à deux ans de prison pour avoir posté cette image sur le réseau social. © DR

Maroc et Sahara occidental Trois adolescents jugés pour un baiser

11 octobre 2013
Les autorités marocaines doivent abandonner immédiatement et sans condition les charges retenues contre trois adolescents arrêtés après que l'un des garçons et sa petite amie se sont embrassés et ont publié sur Facebook une photo de ce baiser, a déclaré Amnesty International.

«Le fait que des adolescents risquent de se retrouver en prison uniquement pour s'être embrassés et avoir posté une photo sur Facebook est tout simplement absurde, a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. Ces jeunes gens n'auraient jamais dû être placés en détention. Il n'existe pas la moindre raison imaginable pour que ce type d'expression donne lieu à des poursuites. Ouvrir une enquête judiciaire à partir d'une plainte pour quelque chose d'aussi inoffensif que deux adolescents qui s'embrassent est ridicule. Cette idée devrait être rejetée d'emblée.»

Deux garçons de 15 ans et une fille de 14 ans ont été arrêtés le 4 octobre à Nador. Ils ont été maintenus trois jours en détention avant d'être libérés sous caution le 7 octobre. Une audience est prévue le 11 octobre.

Jusqu'à deux ans d'emprisonnement

Tous trois sont poursuivis pour «outrage public à la pudeur» au titre de l'article 483 du Code pénal marocain. S'ils sont déclarés coupables, ils risquent jusqu'à deux ans d'emprisonnement et une amende. En outre, l'un des garçons est accusé d'«attentat à la pudeur» sur la personne d'une mineure de moins de 18 ans (article 484 du Code pénal) pour avoir embrassé la jeune fille de 14 ans. Il encourt une peine pouvant aller de deux à cinq ans de prison.

Les trois adolescents ont été arrêtés à la suite d'une plainte affirmant que le baiser, qui a eu lieu devant un lycée et dont des photos ont été publiées sur un média social, avait un effet néfaste sur la société marocaine. Ces arrestations et placements en détention ont déclenché de nombreuses démonstrations de solidarité au Maroc et à l'étranger. Un rassemblement de solidarité durant lequel des gens s'embrassaient en public a été organisé le 6 octobre devant l'ambassade du Maroc à Paris et des manifestations similaires sont prévues cette semaine au Maroc.