Les familles des victimes du conflit réclament justice. © Javier Espinosa / EL MUNDO
Les familles des victimes du conflit réclament justice. © Javier Espinosa / EL MUNDO

Maroc et Sahara Occidental L’ONU renonce à une occasion de renforcer le contrôle des droits humains

29 avril 2013
Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de ne pas inclure de mécanisme de suivi des droits humains au mandat de MINURSO,  la force de maintien de la paix déployée au Sahara occidental. Une «occasion manquée» et prise en dépit d’informations persistantes faisant état d’abus dans la région.

La MINURSO a pour mission l’organisation d'un référendum au Sahara occidental. Son mandat a été renouvelé par le Conseil de sécurité des Nations unies le 25 avril. Toutefois, une proposition des États-Unis concernant l’inclusion d’une dimension relative aux droits humains a été mise au rebut à la suite des protestations du gouvernement marocain. Ces derniers ont avancé que cela menacerait la souveraineté marocaine dans le Sahara occidental.

«Le Conseil de sécurité a failli à ses obligations vis-à-vis de la population du Sahara occidental. En effet, elle a laissé passer une occasion unique d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des droits humains sur place; or un examen attentif des conditions sur le terrain fait cruellement défaut», a indiqué Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Les atteintes aux droits humains commises au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf préoccupent Amnesty International depuis longtemps. Des informations faisant état d’un recours excessif à la force contre des manifestants, ainsi que d'actes de torture en détention et de restrictions à la liberté d'expression, de réunion et d'association au Sahara occidental continuent à émerger. La situation relative aux droits fondamentaux dans les camps de Tindouf, qui sont contrôlés par le Front Polisario, reste opaque. Il n’y a aucun observateur indépendant des droits humains sur place actuellement, ce qui expose les résidents aux abus.

«Les autorités marocaines affirment qu’elles s’efforcent d’améliorer la situation des droits humains au Sahara occidental. Elles auraient donc dû voir d’un bon œil la création d’un mécanisme des Nations unies chargé d'effectuer un suivi relatif aux droits humains, et non pas s’y opposer.», a précisé Philip Luther.