Maroc: Action lettre pour Ali Aarrass Jugé après avoir «avoué» sous torture

Ali Aarrass purge aujourd’hui une peine de 12 ans de prison au Maroc pour terrorisme. Il nie tous les faits qui lui sont imputés et affirme qu’il a «avoué» sous la contrainte, après avoir subi des ...

Ali Aarrass Portrait Ali Aarrass © Privé

Ali Aarrass purge aujourd’hui une peine de 12 ans de prison au Maroc pour terrorisme. Il nie tous les faits qui lui sont imputés et affirme qu’il a «avoué» sous la contrainte, après avoir subi des tortures du type de celles représentées sur des dessins, réalisés par Ali.

Ali est né en 1962 dans l’enclave espagnole de Melilla, dans le nord du Maroc, mais il est parti en Belgique à l’âge de 15 ans. Il a la double nationalité belge et marocaine. Ali est revenu à Melilla en 2005 avec son épouse pour se rapprocher de son père qui prenait de l’âge. Il y tenait un café.

Les autorités espagnoles ont soupçonné Ali de terrorisme en 2006, mais n’ont trouvé aucun élément à charge contre lui. Elles l’ont placé en détention en 2008, lorsque les autorités marocaines ont demandé son extradition pour de nouveaux chefs d’accusation liés au terrorisme. Il a été maintenu à l’isolement pendant deux ans et huit mois. Ali a observé trois grèves de la faim en signe de protestation, mais a dû y mettre un terme en raison d’une dégradation de son état de santé.

Ce n’était que le début de son calvaire : en décembre 2010, Ali a été extradé au Maroc. Il raconte que des agents des services de renseignement marocains l’ont alors torturé dans une prison secrète pendant 12 jours. Il a finalement été incarcéré à Salé II, une prison tristement célèbre proche de Rabat, la capitale. Des codétenus qui l’ont vu à ce moment-là ont constaté sur son corps des traces de torture et l’ont trouvé terriblement traumatisé.

En novembre 2011, Ali a été condamné pour usage illégal d’armes à feu et participation à un groupe projetant de commettre des actes terroristes. Sa condamnation était uniquement fondée sur les déclarations qu’il a faites après avoir été torturé. Il purge actuellement une peine de 12 ans de prison.

Depuis son procès, Ali dit avoir été forcé à rester nu dans sa cellule et empêché de dormir la nuit. Il a observé de nouvelles grèves de la faim en juillet et août 2013 en signe de protestation. En dépit des nombreuses réclamations de sa famille, de ses avocats et d’Amnesty, les autorités marocaines n'ont pas ouvert d’enquête sur ses allégations de torture.


Proposition de lettre et revendications

Excellence,

Ali Aarrass purge une peine de 12 ans de prison pour terrorisme. Il nie tous les faits qui lui sont imputés et affirme qu’il a «avoué» sous la torture.

Ali Aarrass habitait depuis 2005 à Melilla avec son épouse. Il y tenait un café.

Les autorités espagnoles ont soupçonné Ali de terrorisme en 2006, mais n’ont trouvé aucun élément à charge contre lui. Elles l’ont placé en détention en 2008, lorsque les autorités marocaines ont demandé son extradition pour de nouveaux chefs d’accusation liés au terrorisme. Il a été maintenu à l’isolement pendant deux ans et huit mois. Ali a observé trois grèves de la faim en signe de protestation, mais a dû y mettre un terme en raison d’une dégradation de son état de santé.

En décembre 2010, Ali a été extradé au Maroc. Il raconte que des agents des services de renseignement marocains l’ont alors torturé dans une prison secrète pendant 12 jours. Il a finalement été incarcéré à la prison Salé II. Des codétenus qui l’ont vu à ce moment-là ont constaté sur son corps des traces de torture et l’ont trouvé terriblement traumatisé.

En novembre 2011, Ali a été condamné pour usage illégal d’armes à feu et participation à un groupe projetant de commettre des actes terroristes. Sa condamnation était uniquement fondée sur les déclarations qu’il a faites après avoir été torturé.

Depuis son procès, Ali dit avoir été forcé de rester nu dans sa cellule et empêché de dormir la nuit. Il a observé de nouvelles grèves de la faim en juillet et août 2013 en signe de protestation. En dépit des nombreuses réclamations de sa famille, de ses avocats et d’Amnesty, les autorités marocaines n'ont pas ouvert d’enquête sur ses allégations de torture.

Je suis très préoccupé·e par cette situation, et je vous exhorte, Excellence, à ouvrir rapidement une enquête approfondie sur ses allégations de torture d’Ali Aarass et à traduire dans les faits la décision récente du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire demandant qu’il soit libéré sans délai.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Excellence, à l’expression de ma haute considération.


Lettres adresser à:

El Mustapha Ramid, Ministre de la Justice et des libertés
Ministère de la Justice et des libertés
Place El Mamounia – BP 1015
Rabat
Maroc

Fax: +212 537 73 47 25

 

Copie à:

Ambassade du Royaume du Maroc
Helvetiastrasse 42
3005 Bern

Fax: 031 351 03 64
E-mail: sifamaberne2@bluewin.ch
sec_eco_amb@bluewin.ch

Cette lettre fait partie des Lettres contre l'oubli de juin 2014Télécharger le fichier WordS'inscrire pour recevoir un e-mail chaque mois avec les nouvelles lettres.