Omar Radi à Casablanca, Maroc. © Fanny Hedenmo
Omar Radi à Casablanca, Maroc. © Fanny Hedenmo

Action lettres Maroc Un journaliste soumis à un harcèlement juridique

8 décembre 2020
Le 29 juillet 2020, le journaliste marocain Omar Radi a été inculpé pour «atteinte à la sécurité intérieure de l’État» et pour «viol». Les autorités marocaines le harcèlent depuis la publication en juin 2020 d’un rapport d’Amnesty International révélant qu’elles l’avaient illégalement espionné au moyen de son téléphone. Omar Radi a dénoncé ouvertement le bilan du gouvernement en matière de droits humains, et il a enquêté sur la corruption des autorités.

Omar Radi est un journaliste d’investigation et un militant marocain. Il a fondé le site marocain indépendant d’actualités Le Desk, et est journaliste pour ce site. Il travaille également pour plusieurs médias nationaux et internationaux, notamment la station de radio Atlantic Radio, les magazines Le Journal Hebdomadaire et TelQuel et le site d’actualités Lakome. Ses enquêtes s’intéressent à des affaires politiques, notamment aux relations entre les élites du pouvoir politique et du monde des affaires au Maroc, et aux cas présumés de corruption des autorités.

Le bureau du procureur près la cour d’appel de Casablanca a annoncé qu’Omar Radi faisait l’objet d’une enquête pour «attentat à la pudeur avec violence», «viol», «atteinte à la sûreté extérieure de l’État, pour avoir entretenu avec les agents d’une autorité étrangère des intelligences ayant pour objet ou ayant eu pour effet de nuire à la situation militaire ou diplomatique du Maroc» et pour «atteinte à la sécurité intérieure» en raison de la réception de fonds étrangers susceptibles de «porter atteinte à l’intégrité du Royaume et [d’]ébranler l’allégeance des citoyens à l'État marocain et aux institutions du peuple marocain».

Un rapport publié par Amnesty International le 22 juin 2020 présente des éléments prouvant qu’Omar Radi a été pris pour cible par les autorités marocaines qui ont utilisé un logiciel espion fabriqué par l’entreprise israélienne NSO Group. À la suite de la publication de ce rapport, les autorités marocaines ont lancé une campagne de diffamation contre Amnesty International, dans le but de discréditer son travail et de détourner l’attention de la surveillance illégale dont font l’objet au Maroc les défenseur·e·s des droits humains et les journalistes. Amnesty International a souligné la gravité de la menace que représente la surveillance illégale ciblée pour les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique au Maroc.

Omar Radi a été inculpé et placé en détention le 29 juillet, et il doit comparaître devant le Tribunal de première instance de Casablanca le 24 décembre 2020.

Plus d'informations sur Omar Radi et sur les possibilités d'action

Sur Twitter, vous pouvez regarder une vidéo sur le cas d'Omar Radi.