Oman Six condamnations portant atteinte à la liberté d'expression

12 septembre 2012
Une série de décisions de justice rendues récemment à Mascate, la capitale omanaise, vient porter atteinte à la liberté d'expression dans cet État du Golfe, a déclaré Amnesty International le 11 septembre à la suite de la condamnation de six hommes pour diffamation.

Le 9 septembre, ces six hommes se sont vu infliger des peines d'emprisonnement et une amende pour injures au sultan, atteinte au statut de l'État et utilisation d'Internet pour publier du matériel diffamatoire, entre autres infractions.

De potentiels prisonniers d’opinion

«Si les peines d'emprisonnement sont appliquées, Amnesty International considèrera ces hommes comme des prisonniers d'opinion et demandera leur remise en liberté immédiate et sans condition», a déclaré Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

«Les autorités omanaises doivent annuler toutes les condamnations prononcées pour le seul exercice du droit à la liberté d'expression, et abandonner toutes les charges de cette nature pesant contre des personnes.»

Âgés d'une trentaine d'années, les six hommes condamnés ce week-end – Ishaq al Aghbari, Ismail al Muqbali, Ali al Hajji, Mahmoud al Jamoudi, Hassan al Ruqaishi et Nabhan al Hanashi – sont actuellement en liberté sous caution, dans l'attente de l'examen de leur appel.

Ils avaient mis en ligne sur Internet des commentaires sur les récents événements à Oman, notamment du matériel critiquant des initiatives des autorités s'étant traduites par la répression de la liberté d'expression.

Trois autres hommes au moins – Khaled al Noufali, Sultan al Saadi et Hatim al Maliki – doivent être jugés le 16 septembre.

Un durcissement du gouvernement omanais

Ces procès ne sont que les plus récents d'une succession d'actions pénales ces mois derniers, dans lesquelles les autorités omanaises font montre d'une intolérance croissante vis-à-vis de la liberté d'expression.

Les manifestations qui ont eu lieu à Oman au début de l’année 2011, dans le sillage des soulèvements populaires qui ont secoué l’Afrique du Nord et le Moyen–Orient, ont abouti à plusieurs réformes politiques et sociales, mais de sévères restrictions continuent de peser sur la liberté d'expression et de réunion.

Avant la dernière vague d’arrestations et de procès de militants qui a débuté en mai de cette année, de très nombreuses personnes avaient été arrêtées, et une partie jugées, en 2011.

La police d’Oman a dispersé violemment plusieurs manifestations et ces interventions auraient provoqué la mort d’au moins un homme dans la ville de Sohar.

«Les lois, pénales ou autres, qui accordent une protection spéciale contre la critique aux responsables publics ne sont pas compatibles avec le respect de la liberté d'expression», a déclaré Philip Luther. «Les personnalités publiques incarnant l'autorité doivent admettre un degré plus élevé de critiques que la population en général, et non pas l'inverse.»