Un match de football au détriment des travailleurs: la Coupe du monde au Qatar se déroule sur le dos des travailleurs et travailleuses migrant·e·s. © Amnesty International
Un match de football au détriment des travailleurs: la Coupe du monde au Qatar se déroule sur le dos des travailleurs et travailleuses migrant·e·s. © Amnesty International

Qatar - Coupe du Monde 2022 FIFA: il est temps d'obtenir des conditions de travail décentes au Qatar

22 mars 2021
Les travailleuses et travailleurs migrants occupent une place centrale dans la réalisation du rêve du Qatar, qui est d’accueillir la Coupe du monde FIFA en 2022. Cependant, 10 ans après que la FIFA a choisi ce pays comme hôte du tournoi, des milliers d’entre eux sont toujours exploités par des patrons sans scrupules.
À l’attention de Gianni Infantino

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Alors que la FIFA s’apprête à tirer d’importants bénéfices de la Coupe du monde, des travailleuses et travailleurs migrants souffrent encore pour qu’elle puisse avoir lieu. Les réformes entreprises récemment par le Qatar ne sont pas mises en œuvre ni appliquées comme il se doit. C’est pourquoi de nombreuses entreprises continuent à ne pas payer correctement leurs employé·e·s ou à ne pas les traiter équitablement. Les employeurs ont toujours un pouvoir indu sur la vie de leurs employé·e·s, qu’ils peuvent faire travailler un nombre d’heures excessif et empêcher de changer d’emploi. Lorsque des travailleuses et travailleurs migrants sont exploités, il leur est très difficile d’obtenir justice ou une indemnisation. En outre, comme il leur est interdit d’adhérer à des syndicats, ils ne peuvent se battre collectivement en faveur de meilleures conditions de travail.

Il ne fait aucun doute que la FIFA est tenue d’agir lorsque des personnes qui travaillent sur des projets en rapport avec la Coupe du monde risquent de subir des pratiques abusives dans le cadre de leur emploi, et d’user de son influence pour exhorter le Qatar à protéger comme il se doit tous les travailleurs et travailleuses migrants. En réalité, dans tout le pays, des travailleuses et travailleurs continuent d’être exploités, y compris sur les projets liés à la Coupe du monde.

Lorsque la FIFA a décidé d’organiser la Coupe du monde au Qatar, elle savait – ou aurait dû savoir – que cela présentait des risques intrinsèques, étant donné que le pays est fortement dépendant de la main-d’œuvre migrante et que celle-ci y est gravement exploitée. Bien que les droits des travailleuses et travailleurs aient progressé, les abus actuels montrent que le Qatar et la FIFA ont encore beaucoup à faire pour que la Coupe du monde laisse une empreinte positive.

C’est pourquoi nous demandons à la FIFA de dénoncer les pratiques de travail abusives. Il faut qu’elle prenne des mesures urgentes pour que tous les travailleurs et travailleuses migrants liés à la Coupe du monde puissent jouir de leurs droits et qu’elle appelle publiquement le Qatar à appliquer ses propres réformes sans plus attendre, de sorte que les personnes qui contribuent tant au tournoi puissent réaliser leur rêve, celui d’assurer une vie décente à leur famille et à elles-mêmes.

Ensemble, nous pouvons faire en sorte que Qatar 2022 change la donne pour les travailleuses et travailleurs migrants.