Manifestation de solidarité devant l'ONU à New-York © Demotix
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Syrie Le Conseil de sécurité doit saisir la CPI

26 avril 2011
Le Conseil de sécurité des Nations unies doit saisir le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) sur la situation en Syrie, a déclaré Amnesty International mardi 26 avril, alors que la violence des autorités syriennes s’intensifie à l’encontre des manifestants réclamant des réformes.

L’organisation lance cet appel au moment où le Conseil de sécurité examine les mesures à prendre face à la brutale répression qui a fait environ 400 morts depuis mi-mars

Le 26 février, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité une résolution visant à saisir le procureur de la CPI de la situation en Libye.

«Le Conseil de sécurité doit maintenant se montrer à la hauteur et faire preuve d’autorité quant à la Syrie comme il l’a fait avec la Libye, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

Tolérance zéro

«Une politique cohérente de tolérance zéro pour les crimes contre l’humanité fera comprendre à tous les gouvernements que l’impunité des crimes de droit international n’est plus acceptable.»

Le gouvernement syrien est de toute évidence en train d’essayer de briser la volonté de ceux qui expriment pacifiquement leur opposition en les bombardant, en tirant sur eux et en les enfermant, a souligné Salil Shetty.

Le gouvernement et ses forces de sécurité se sentent depuis longtemps capables d’agir en toute impunité, et nous en voyons maintenant le résultat dans le genre d’actes sanglants qu’ils ont commis dans les rues de Syrie ces derniers jours.

Le président el Assad et son entourage doivent comprendre que leurs actions auront des conséquences, à savoir que, s’ils abattent leurs propres citoyens, la communauté internationale les tiendra individuellement pour responsables pénalement devant la CPI ou des tribunaux nationaux d’États exerçant leur compétence universelle.

Embargo sur les armes

L’organisation a également demandé l’imposition d’un embargo total sur les armes à destination de la Syrie et d’un gel des actifs du président Bachar el Assad et des autres responsables ayant ordonné ou perpétré de graves atteintes aux droits humains.

Depuis que les manifestations ont débuté en mars, les Syriens non armés qui se rassemblent pour réclamer davantage de liberté sont systématiquement attaqués par les forces de sécurité, qui tirent à balles réelles directement sur les foules de manifestants pacifiques.

Un nombre de victimes toujours plus élevé

La semaine dernière, le gouvernement a annoncé la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 48 ans, mais la violence s’est depuis intensifiée ; au moins 120 personnes ont été tuées vendredi 22 avril, journée la plus sanglante jusqu’à présent.

Amnesty International a reçu les noms de 393 personnes tuées depuis le début du mouvement de protestation, mais le nombre de victimes est probablement plus élevé.

À plusieurs reprises, selon les sources de l’organisation, des tireurs embusqués ont pris pour cible des blessés étendus dans les rues et des personnes qui tentaient de les aider.

Amnesty International a rejeté les affirmations du gouvernement syrien selon lesquelles une grande partie des homicides auraient été commis par des groupes armés antigouvernementaux, car il n’a aucune preuve à l’appui de ces allégations.

Après que l’armée syrienne a été déployée lundi 25 avril à Deraa, des chars auraient été utilisés pour bombarder des bâtiments civils alors qu’aucun élément ne pouvait laisser penser que leurs occupants étaient armés.

Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées dans le pays, la plupart détenues au secret dans des lieux indéterminés. Parmi celles qui ont été libérées, beaucoup ont déclaré avoir subi des actes de torture en détention.