Syrie Craintes pour des manifestants «disparus»

18 mars 2011
Amnesty International exhorte les autorités syriennes à révéler où se trouvent au moins 21 manifestants qui ont «disparu» depuis leur arrestation, à la suite de manifestations au cours de la semaine du 14 mars. Sept de ces personnes ont été appréhendées après avoir participé à une petite manifestation à Damas, mercredi 16 mars, dans le but de réclamer la libération de prisonniers politiques.

Trente-trois autres personnes interpellées à la suite de cette action de protestation ont été inculpées jeudi 17 mars et encourent une peine de 15 ans de prison, tandis que les manifestations se poursuivent à travers le pays.

«L’ensemble des personnes arrêtées uniquement pour avoir pris part à des manifestations pacifiques sont des prisonniers d’opinion qu'il convient de libérer immédiatement et sans condition», a déclaré Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

«Nous sommes tout particulièrement préoccupés par la sécurité d’au moins 21 personnes qui n’ont pas été vues depuis que les forces de sécurité se sont saisies d'elles, et nous craignons qu'elles ne soient incarcérées dans des centres de détention où il est de notoriété publique que la torture est pratiquée.»

Certaines des personnes disparues appartiennent à la famille de prisonniers politiques. L’un des «disparus», Hussein al Labwani, parent du prisonnier d’opinion Kamal al Labwani, souffre de problèmes cardiaques et doit prendre des médicaments tous les jours.

Les 33 manifestants ayant été inculpés – 23 hommes et 10 femmes – incluent plusieurs militants des droits humains, et attendent désormais l'ouverture de leur procès pour «atteinte au sentiment national» et «incitation à la discorde religieuse et raciale».

Ces 33 personnes ont depuis lors annoncé qu’elles entamaient une grève de la faim.

La manifestation du 16 mars, inspirée par les mouvements de protestation à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a été menée par des parents de prisonniers politiques, qui se sont rassemblés devant le ministère de l'Intérieur pour soumettre une pétition en faveur de la libération de leurs proches.

Peu après, le groupe a été violemment dispersé par des membres des forces de sécurité en civil brandissant des matraques.

Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles certaines des personnes arrêtées ont été frappées en détention.