Syrie Le nombre de morts augmente

25 mars 2011
Au moins 55 personnes auraient été tuées lors de troubles ayant duré une semaine dans la ville syrienne de Deraa et aux alentours, a déclaré Amnesty International vendredi 25 mars alors que les manifestations gagnent le pays.

Les forces de sécurité ont par ailleurs une nouvelle fois ouvert le feu sur des manifestants à al Sanamayn, d’après certaines informations relayées le 25, un jour après que les autorités se furent engagées à enquêter sur les violences.

«La force excessive apparemment utilisée une nouvelle fois par les forces de sécurité est le dernier exemple en date de la réaction choquante et brutale des autorités syriennes au mouvement de protestation récent, et fait sonner leur engagement en faveur d’une enquête sur les violences plutôt creux», a déclaré Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

«Si le gouvernement syrien souhaite que les paroles qu’il a prononcées le 24 mars signifient quelque chose, il doit immédiatement donner des ordres clairs visant à brider les forces de sécurité et ainsi empêcher de nouvelles pertes humains.»

Les noms de 55 personnes tuées dans la région de Deraa avant les manifestations de vendredi 25 mars ont été transmis à Amnesty International par des organisations et autres interlocuteurs fiables.

Selon certaines informations relayées par les médias, pas moins de 20 personnes supplémentaires sont mortes vendredi 25 lors de manifestations organisées dans diverses zones du pays.

Les circonstances de la plupart de ces morts restent peu claires. La première est survenue lors de manifestations pacifiques vendredi 18 mars, et plusieurs autres ont suivi au cours des deux jours suivants. De nombreux homicides ont eu lieu à l'aube mercredi 23 mars lorsque les forces de sécurité s'en sont prises à des personnes faisant un sit-in à la mosquée Omari.

Etat d'urgence

Amnesty International s’est également déclarée sceptique face à l’engagement pris par les autorités, jeudi 24 mars, de mener des réformes et notamment d’«étudier» la loi d’urgence en vigueur de longue date dans le pays.

«Le gouvernement a fait des déclarations similaires par le passé, et cela fait pourtant près d’un demi-siècle que cet état d’urgence répressif est en place et que les positions contestataires ne sont guère tolérées», a déclaré Philip Luther.

«Les autorités syriennes doivent lever l’état d’urgence le plus rapidement possible.»

D’après des organisations syriennes de défense des droits humains, certains éléments donnent à penser que presque toutes les personnes arrêtées à Deraa et aux alentours depuis le 18 mars ont été relâchées.

Amnesty International a pu s’entretenir avec l’un des hommes libérés. Il a dit avoir été placé en détention dans un bureau de la sécurité militaire à Deraa dès le 22 mars, et a confirmé que lui-même et d’autres personnes incarcérées au même endroit, en relation avec les manifestations, avaient été relâchés la veille.

Si plusieurs journalistes et militants de la société civile récemment appréhendés ailleurs en Syrie ont également été remis en liberté au cours des dernières 24 heures, Amnesty International n’est pour l’instant pas en mesure de confirmer la libération des dizaines de personnes arrêtées lors de récentes actions de protestation menées en Syrie en faveur de la réforme.