Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles lors de manifestations pacifiques à Alep. © Amnesty International
Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles lors de manifestations pacifiques à Alep. © Amnesty International

Syrie Alep: de la répression généralisée au conflit armé

L’attaque menée par les forces gouvernementales contre la ville d’Alep vient conclure plusieurs mois de répression brutale à l’encontre des manifestants et de l’opposition. Amnesty International a enquêté sur place et résume ses conclusions dans un nouveau rapport.

Intitulé All-Out Repression (pdf, 37 pages, en anglais), ce rapport se base sur les recherches menées à Alep par la conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise, Donatella Rovera, à la fin du mois de mai 2012. Il s’appuie sur de nombreux interviews avec les proches de victimes d’homicides, d’actes de torture et de disparitions forcées, ainsi qu’avec des manifestants. Donatella Rovera a elle-même été témoin des opérations brutales des forces de sécurité.

Les témoignages montrent qu’à Alep se reproduit le même modèle effrayant de répression constaté par Amnesty International et d’autres organisations dans plusieurs régions du pays. A Alep aussi, les forces de sécurité et les chabiha, milices soutenues par le gouvernement, ont régulièrement tiré à balles réelles lors de manifestations pacifiques, tuant et blessant des manifestants et des passants, y compris des enfants. Des blessés ont été tués, des détenus torturés régulièrement et des professionnels de la santé empêchés de prodiguer des soins d’urgence aux blessés. Des familles de manifestants et de passants abattus par les forces de sécurité ont été contraintes de signer des déclarations où il était indiqué que leurs proches avaient été tués par des «groupes de terroristes armés».

Amnesty International conclut de ses recherches que le gouvernement syrien est responsable de violations massives des droits humains, qui constituent des crimes contre l’humanité. Il est encore plus bouleversant que le Conseil de sécurité des Nations unies ne soit pas parvenu à un accord sur une résolution qui permette de porter le dossier syrien devant la Cour pénale internationale (CPI). Amnesty International exhorte de nouveau le Conseil de sécurité à assurer la présence d’une mission de surveillance des droits humains dans le pays.

Communiqué de presse publié le 1er août 2012, Londres / Lausanne.
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