Bus brûlé à Alep. Les tirs touchent les civils de plein fouet. ©  AI
Bus brûlé à Alep. Les tirs touchent les civils de plein fouet. © AI

Syrie Les civils payent le prix de la bataille d'Alep

Les conséquences de l'âpre bataille entre les forces gouvernementales syriennes et les combattants de l'opposition pour le contrôle d'Alep sont de plus en plus dramatiques pour les civils, constate Amnesty International dans un nouveau document de synthèse qui se fonde sur une mission de 10 jours en Syrie. Le recours de plus en plus fréquent par l'armée syrienne à des bombardements aériens et à des tirs d'artillerie pour attaquer des zones résidentielles expose tout particulièrement les civils.

De nombreux civils non impliqués dans le conflit, dont de nombreux enfants, ont été tués et plusieurs autres blessés ces dernières semaines, à la suite de frappes aériennes et de tirs d'artillerie et de mortier par les forces gouvernementales contre les quartiers résidentiels. Certaines victimes sont mortes dans les lieux mêmes où elles avaient trouvé refuge, après avoir été contraintes de fuir leurs foyers, ou en faisant la queue pour recevoir du pain.

L'utilisation généralisée par l'armées syrienne d'armes à large rayon d'impact et / ou à large marge d'erreur (obus, bombes ou roquettes à chute libre non guidées) dans des zones résidentielles densément peuplées, a entraîné un grand nombre de victimes civiles. L'utilisation continue de ce type d'armes, en sachant qu'elles continueront d'infliger de lourdes pertes civiles, est une violation flagrante de l'interdiction des attaques sans discrimination prévue par le droit humanitaire international.

Bien que luttant la plupart du temps avec des armes légères à courte portée, les combattants de l'opposition ont parfois également utilisé des armes au rayon de frappe imprécis, voire frappant par essence sans discrimination (tels que des mortiers et des roquettes artisanales), qui sont tout aussi dangereuses pour les civils.

Les exécutions sommaires et extrajudiciaires de civils non impliqués dans le conflit par les forces gouvernementales mais aussi par les forces d'opposition ont fortement augmenté avec l'extension du conflit dans la ville. Des corps d'hommes, jeunes pour la plupart, généralement menottés et avec une balle dans la tête, ont été fréquemment trouvés jetés dans le quartier d'al-Zahra et à ses alentours, dans le nord-ouest de la ville. Le quartier, entièrement contrôlé par les forces gouvernementales, est le siège de l'Intelligence de l'armée de l'air syrienne. La plupart des victimes étaient des militants connus ou présumés, impliqués dans des manifestations antigouvernementales ou dans des réseaux de solidarité qui fournissent des soins médicaux ainsi que des secours aux victimes de la répression gouvernementale et aux personnes déplacées.

Communiqué de presse publié le 23 août 2012, Berne, Lausanne.
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