Le conflit en Syrie se double d'une crise humanitaire. © AI
Le conflit en Syrie se double d'une crise humanitaire. © AI

Syrie Une saisine de la CPI est indispensable

5 juin 2013
La commission d’enquête internationale indépendante a été fondée pour évaluer la situation des droits humains en Syrie. Elle a présenté ses premières conclusions devant les Nations unies à Genève: celles-ci vont dans le sens d’une saisine de la Cour pénale internationale (CPI).

La commission a confirmé qu’il existe des motifs raisonnables de penser que des «quantités limitées de produits chimiques toxiques» ont été utilisés lors de quatre attaques en mars et avril derniers. Leur rapport précise qu’il n’est pas possible de «déterminer quels agents chimiques précis ont été utilisés, quels ont été leurs vecteurs et qui sont les responsables». La commission a engagé les autorités syriennes à autoriser l’accès plein et entier des experts afin qu’ils puissent parvenir à des conclusions sur cette question.

Le rapport de la commission met en évidence les effets néfastes de la disponibilité accrue des armes. «Combien d’autres rapports faut-il publier sur la Syrie pour que le monde se réveille et intervienne pour faire cesser le massacre des civils?», a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. «Au vu des éléments présentés par la commission, le Conseil de sécurité des Nations unies doit saisir la Cour pénale.»

Depuis plus de deux ans, Amnesty International demande que la Cour pénale internationale soit saisie de la situation en Syrie. S’il est clair que l’immense majorité des crimes de guerre et autres violations manifestes continuent d’être imputables aux forces gouvernementales, les recherches de l’organisation font apparaître une escalade des atteintes aux droits humains commises par les groupes armés d’opposition, qui ont de plus en plus souvent recours à des prises d’otages et à des actes de torture et des exécutions sommaires à l’encontre de soldats, de miliciens progouvernementaux et de civils.

Ce rapport est le cinquième présenté par la commission sur la Syrie depuis 2011. Entre temps, des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie dans le conflit armé qui a commencé en Syrie en mars 2011, dont au moins 1 300 seraient mortes en détention.