Yémen La guerre civile menace

1er juin 2011
Au Yémen, la situation se dégrade d'heure en heure. Pour éviter la guerre civile, les autorités yéménites doivent immédiatement mettre un terme aux homicides de manifestants et aux autres violations des droits humains imputables à leurs forces de sécurité, a déclaré Amnesty International mardi 31 mai.

Les forces de sécurité yéménites auraient tué des dizaines de personnes depuis dimanche 29 mai, dans la ville de Taizz, dans le sud du pays. Elles ont tiré à balles réelles sur les manifestants qui réclament la démission du président Ali Abdullah Saleh et sur un hôpital de fortune installé pour venir en aide aux blessés. En outre, elles auraient arrêté un très grand nombre de manifestants et rasé à l’aide de bulldozers ou incendié les tentes qu’ils avaient installées dans un camp de protestation.

«La crise politique et des droits humains à laquelle est confrontée le Yémen se détériore d’heure en heure, tandis que les forces de sécurité du président Ali Abdullah Saleh cherchent à écraser toute opposition», a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

«Aujourd’hui, le Yémen est sur le fil du rasoir. La menace plane d’une guerre civile entre les forces loyales au président et ceux qui réclament des réformes et la fin de la répression et des violences – méthodes devenues emblématiques de la volonté du président de se maintenir au pouvoir.»

Cessez-le-feu rompu

Au cours des derniers jours, des combats ont éclaté dans la capitale Sanaa, après qu’un cessez-le-feu entre le gouvernement et un chef tribal local a été rompu, mettant en danger la vie des habitants et des passants. Le gouvernement a également accusé les combattants d’Al Qaïda d’avoir pris le contrôle de la ville de Zinjibar, auparavant aux mains de l’armée yéménite. Des dizaines de familles auraient fui le secteur pour se réfugier à Aden, ville du sud du pays.

«Le président Ali Abdullah Saleh doit maîtriser ses forces de sécurité, les empêcher d’attaquer les manifestants pacifiques et les amener à rendre compte de leurs actes conformément à la loi», a conclu Malcolm Smart.

«Enfin, la communauté internationale doit faire clairement savoir au président que les atteintes aux droits humains commises par ses troupes sont totalement inacceptables et doivent cesser, et que lui-même et ses collaborateurs ne pourront pas échapper à l’obligation de rendre des comptes pour les crimes graves relatifs aux droits humains qui sont actuellement perpétrés sous leur autorité.»