Une mosquée détruite par les bombardements dans un quartier de la ville de Taiz, août 2018. © Anasalhadj / shutterstock.com
Une mosquée détruite par les bombardements dans un quartier de la ville de Taiz, août 2018. © Anasalhadj / shutterstock.com

Conflit au Yémen Des progrès vers un embargo sur les armes

5 juillet 2019
De nombreux pays continuent d’alimenter, par leurs livraisons d’armes, le conflit yéménite. Certains progrès ont tout de même été enregistrés ces derniers mois. Amnesty International, par le biais d’un site interactif, fait le point de la situation.

Depuis le début du conflit qui ravage le Yémen depuis 2014, Amnesty International a recueilli des témoignages de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains perpétrées par toutes les parties au conflit. Détentions arbitraires, disparitions forcées, actes de torture et autres mauvais traitements, violences sexuelles et imposition de restrictions à l’importation et au mouvement de biens de première nécessité et à l’aide humanitaire. Certains de ces agissements constituent des crimes de guerre.

Malgré cela, plusieurs États occidentaux, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, fournissent des armes aux membres de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, en dépit des éléments accablants prouvant que ces armes ont été utilisées pour commettre des crimes de guerre.

Amnesty International appelle depuis longtemps à un blocage complet de toute livraison d’armes aux parties au conflit yéménite. Cet appel, maintes fois répété, commence à porter ses fruits. Ces dernières semaines, au moins 6 États, dont la Suisse, ont pris des mesures pour interdire ou limiter les transferts d’armement vers l’Arabie saoudite et les pays membres de la coalition active dans le conflit yéménite. 

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Le point de la situation sur la carte interactive de story.mapme.com

Blocage des activités de Pilatus en Arabie saoudite

Le 26 juin 2019, la Suisse a également interdit les activités de Pilatus Flugzeugwerke AG en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), l’entreprise a violé la loi fédérale sur les prestations de sécurité privées fournies à l'étranger (LPSP). Le DFAE a conclu que l’assistance, la gestion des pièces de rechange et le dépannage fournis par Pilatus à l’Arabie saoudite constituaient un soutien aux forces armées de la coalition engagée au Yémen, qui jouent un rôle décisif dans la guerre civile qui déchire le pays, et qui est responsable depuis plus de 5 ans de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire.

 Ces avancées positives ne suffiront pas à mettre fin aux violations du droit international et encore moins au conflit. Il faut maintenir la pression sur les États qui continuent à livrer de l’armement à l’Arabie saoudite et à ses alliés pour qu’ils rejoignent le camp de ceux qui comme les Pays Bas, la Norvège ou le Danemark ont renoncé à leurs exportations.

Participez à l’appel mondial pour faire cesser les transferts d’armes à destination de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

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