Au Portugal, la campagne s'est associée au Live Freedom concert 2013. © nuno@nunofduarte.com
Au Portugal, la campagne s'est associée au Live Freedom concert 2013. © nuno@nunofduarte.com

Écrire pour les droits Des prisonniers ont été libérés à la suite d’une campagne d’envoi de lettres

10 février 2014
Des centaines de milliers de personnes dans le monde se sont alliées pour réclamer justice dans le cadre de notre campagne d’envoi de lettres qui a remporté un franc succès, a déclaré Amnesty International lundi 10 février.

En décembre 2013, plus de 2,3 millions de lettres, courriels, SMS, fax et tweets ont été envoyés dans le cadre de la campagne Écrire pour les droits, battant le record de 2012 établi à 1,9 millions.

Les messages destinés à faire pression sur les autorités ont débouché sur la libération de deux prisonniers d’opinion : Yorm Bopha, militante qui défend le droit au logement au Cambodge, et Vladimir Akimenkov, manifestant pacifique russe.

Un impact indéniable

«Cela montre que lorsque les citoyens s’unissent et adressent un message clair aux gouvernements pour leur demander de protéger et de respecter les droits humains conformément à leurs obligations, ils peuvent obtenir des résultats incroyables, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International.

La campagne «Écrire pour les droits», inscrite dans le Marathon des lettres, a mis en lumière les cas de prisonniers d’opinion en Éthiopie, au Myanmar, en Russie, à Bahreïn et en Tunisie, de personnes persécutées par l’État au Cambodge, au Mexique, en Turquie et au Bélarus, et de groupes de personnes harcelés au Nigeria, en Palestine et au Honduras.

De l’originalité

Tout au long du mois de décembre 2013, les membres et les sympathisants d’Amnesty International ont imaginé une multitude d’idées originales et créatives pour faire vivre cette campagne. «Il est émouvant de voir s’exprimer cette solidarité dans le monde entier et je suis très fier que cet élan prenne chaque année de l’ampleur», a déclaré Salil Shetty.

Des flash mobs ont eu lieu dans les rues enneigées au Canada, des signatures ont été recueillies à l’occasion de marathons en Guinée, tandis que d’aucuns chantaient au Portugal et en Italie. Des ateliers et des sit-in ont été organisés au Maroc, et des manifestations au Népal. D’autres actions ont été menées, comme des spectacles de lumière créatifs près de la Tour Eiffel à Paris et dans le centre d’Istanbul.

Yorm Bopha : un combat qui continue

La raison d’être d’Écrire pour les droits est son succès et l’espoir qu’elle apporte à ceux qui sont au cœur de cette campagne. Prenant la parole après sa libération sous caution, la défenseure cambodgienne du droit au logement Yorm Bopha a exprimé ses remerciements.

«Merci aux sympathisants d'Amnesty International ! Votre campagne a remporté un franc succès, comme le montre ma libération. Mais mon affaire n'est pas close. Continuez à me soutenir et à soutenir ma communauté et d'autres personnes au Cambodge ! C'est en travaillant tous ensemble que nous aurons les meilleurs résultats», a-t-elle déclaré.

Hakan Yaman et Ihar Tsikhanyouk : lueur d’espoir

Hakan Yaman, chauffeur de minibus, a été violemment passé à tabac par la police turque, a perdu la vue à un œil et a été laissé pour mort en juin 2013. Il a confié qu’il avait repris espoir lorsqu’il avait vu son portrait projeté sur la façade du tribunal de Çaðlayan et la tour de Galata, à Istanbul.

«Votre soutien formidable, tout ce que vous faites pour moi, me remonte le moral. Je vous remercie, ainsi que tous ceux qui sont à mes côtés pour traverser ces moments difficiles. Mon espoir est que la justice soit rendue», a-t-il déclaré.

L’artiste bélarussien Ihar Tsikhanyouk, militant pour les droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles et transgenres, a été roué de coups par la police en raison de son homosexualité. Il a reçu des milliers de lettres de soutien. «Lorsque je n’ai plus la force de continuer à me battre, je reçois une lettre et l’espoir renaît», a-t-il déclaré.

Changer des vies

«Écrire pour les droits est une campagne décisive, qui va au fond de l’action d’Amnesty International : agir au nom d’autres personnes, se montrer solidaires avec celles et ceux qui se dressent avec courage contre la tyrannie. Une lettre adressée aux autorités peut être balayée d’un revers de la main. Il est plus difficile, en revanche, d’ignorer des milliers de lettres qui demandent des changements en matière de droits humains, a déclaré Salil Shetty.

«Notre expérience forte de dizaines d’années de travail de campagne montre que l’envoi de lettres permet de sauver et de changer des vies. Nous l’avons démontré une nouvelle fois en décembre et espérons que cette campagne prendra toujours plus d’ampleur.»